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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 16:00

 


L

e temps de l’Avent, nous le savons, est le temps de la préparation à Noël, le temps de l’attente du Messie. Le premier avènement a déjà eu lieu, il y a deux mille ans, dans l’humilité de la crèche, le dernier avènement, glorieux celui-là (« Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts »)  n’a pas encore eu lieu, et nous ignorons la date. Nous commémorons l’attente d’Israël, et nous vivons l’attente de la Parousie. Les longs siècles de l’Ancien Testament n’avaient pas étouffé l’espérance messianique du peuple élu. Au contraire, à l’approche de la venue du Verbe en notre chair, les appels des prophètes sont plus pressants et pleins d’un saint désir. Les premiers chrétiens étaient tout tendus vers le retour du Christ qui les avait blessés au cœur comme la bien-aimée du Cantique des Cantiques. « Entraîne-moi sur tes pas, nous courrons » (Cant 1,4). Les derniers mots de l’Apocalypse - donc de la Bible – ne sont d’ailleurs qu’un cri vers ce retour : « Viens, Seigneur Jésus ! ».

Et nous, quelle est la qualité de notre attente ? Quelle est l’intensité de notre désir ? Attendons-nous passivement, comme on attend que le temps passe, ou sommes-nous tendus vers la rencontre avec le Christ ? Que le retour glorieux n’aie pas lieu pendant notre vie terrestre, peu importe, et en fait qu’en savons-nous ? Ce qui est sûr, et ce qui devrait nous stimuler comme un aiguillon, c’est que le Seigneur nous attend, que chaque heure qui passe nous rapproche de notre mort et donc de Lui.      Le temps nous est donné pour Le désirer toujours plus et nous unir à Lui. Certes nous pouvons déjà ici-bas nous unir réellement à Lui, mais l'union à Dieu, dans notre condition terrestre et mortelle est orientée vers autre chose, vers un plus et un mieux, dans une tension eschatologique, précieuse pour la vitalité de notre vie spirituelle. Perdrons-nous notre temps ? Saint Paul nous exhorte au contraire à « racheter le temps». II n'y a pas d'heure pour rencontrer le Seigneur, il n'y a pas d'âge non plus, nous le constatons, douloureusement parfois, mais sans surprise si nous sommes familiers de l'Ecriture : «Je viendrai comme un voleur » « Soyez vigilants, car vous ne savez ni le jour ni l'heure » «Bienheureux celui que le Maître trouvera veillant à son retour des noces »... Oui, notre vie est une attente de Dieu, une attente qui ne doit pas être statique, mais dynamique. L'Avent doit nous aider à retrouver ce désir de Dieu, si important pour être réceptifs à la grâce. Il est par excellence le temps du désir de Dieu, de l'attente joyeuse et impatiente.

 

« Esurientes implevit bonis » chante la Vierge dans le Magnificat. « Dieu comble de biens les affamés ». Mais ceux qui n'ont pas faim, qui ne ressentent pas leur indigence, qui n'en souffrent pas, qui se suffisent à eux-mêmes, qui ne tendent pas les mains vers le Père des pauvres, qui n'ouvrent pas la bouche pour qu'Il la remplisse, qui ne désirent pas Dieu, qui ne l'attendent pas... Que pourrait-Il leur donner ? Que peuvent-ils recevoir ? Si nous ne vivons pas chaque jour nouveau comme un don, comme une surprise presque, comme une dernière préparation aux noces éternelles, comme des fiançailles avec toute la fébrilité que cela peut comporter, comme une grâce et comme une croix «(« J'ai le désir de partir et d'être avec le Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur - Esse cum Christo multo magis melius - ; mais il est plus nécessaire que je demeure dans la chair à cause de vous » Philippiens 1,23-24) alors relisons saint Paul dans l'épître du premier dimanche de l'Avent, reprise au capitule des laudes et des vêpres : «Frères, l'heure est venue désormais de sortir de notre sommeil Maintenant, en effet, le salut est plus près de nous qu'au temps où nous avons embrassé la foi. La nuit est avancée, le jour est proche. Dépouillons-nous donc des œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière. » (Romains 13,11-12) Les saints étaient pénétrés de la pensée de Dieu, poursuivis par le souvenir de son Amour infini et incompréhensible pour nous « Caritas Christi urget nos ! » (2 Cor.5,14) La charité du Christ nous presse «fortiter ac .suaviter » « avec force et douceur» pour reprendre une expression de la liturgie de l'Avent, qui désigne ainsi l'action de Dieu.

Librement et dans la joie, des hommes ont enseveli leur vie dans le désert ou dans les cloîtres pour trouver Dieu. Saint Benoît désignait d'ailleurs le moine comme étant un chercheur de Dieu. « Qu'est-ce que Dieu ? » se répétait le petit puis le grand Thomas d'Aquin. Cette recherche a rempli sa vie, et Dieu l'a inondé de lumière sur terre, et de gloire depuis l'heure où il est venu chercher son fidèle serviteur, toujours veillant, une lampe à la main, attendant la venue de l'Epoux. Depuis son plus jeune âge, sainte Thérèse d'Avila expliquait qu`elle voulait « voir Dieu », et c'est pour cela qu'elle partit à sept ans sur les routes d'Espagne à la rencontre des Maures, espérant le martyre, car «pour voir Dieu, il .faut mourir ». Cette soif inaltérable ici-bas, cette quête inlassable n'est que le reflet de leur vie spirituelle, de ce que devrait être toute vie chrétienne. Elle peut être, elle doit être le reflet, le jaillissement de notre propre vie intérieure. Celui qui a été blessé du dard tout suave de l'Amour de Dieu, celui qui est tout tendu vers la rencontre avec le Seigneur, celui-là fuit le péché comme d'instinct, par une horreur viscérale. Il ne regarde pas ce qu'il « perd » en repoussant la tentation, mais ce qu'il gagne : tout! Car il gagne Dieu, le Bien Souverain, infini et éternel. Lors de la cérémonie de tonsure qui marquait autrefois l'entrée dans la cléricature, pendant qu'on lui coupe cinq mèches de cheveux en forme de croix, chaque ordinand devait dire en même temps que l'évêque, la formule d'enrôlement : « Dominus pars haereditatis meae et calicis mei, Tu es qui restitues hereditatem meam mihi » « Le Seigneur est ma part d'héritage et ma coupe ; c'est Vous qui serez mon héritage ». Pendant ce temps, le choeur chantait - et chante toujours là où la cérémonie a été maintenue - le psaume XV qui exprime la joie de celui qui appartient au Seigneur. Que d'émotions sont attachées à un tel souvenir pour ceux qui l'ont vécu ! Oui, notre héritage est magnifique (cf Ps XV,6)! Mais si cet héritage l'est d'une manière toute spéciale pour ceux qui se sont totalement consacrés à Dieu, qui ont quitté «maison, , frères, soeurs, père, mère, femme, enfant ou terre » (Mt 19,29) à cause du Christ, c'est aussi l'héritage proposé à tout chrétien, à tout homme. Bienheureux celui qui a des oreilles pour entendre !

 

Abbé Hugues de MONTJOYE


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