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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 23:07

« Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ! » (Mt 5,8)

Il peut être surprenant de commencer la nouvelle année scolaire par cette béatitude. Et pourquoi ne pas commencer l’année scolaire en vous souhaitant, en nous souhaitant, de VOIR DIEU ? Y pensons-nous suffisamment ? Arrêtons-nous y un instant.

Cette béatitude, la sixième des huit, nous montre comme la première (« Bienheureux ceux qui ont une âme de pauvre ») que l’important  pour le Seigneur est le fond du cœur. Dieu cherche des adorateurs « en esprit et en vérité » (cf Jn 4,23). Jésus réagit contre le formalisme de certains observateurs de la pureté légale. On se souvient que les Pharisiens reprochèrent à ses disciples de manger sans observer les ablutions rituelles. En invitant ses disciples à se garder du légalisme qui donne bonne conscience, le Seigneur ne fait que porter plus haut les exigences de la Loi Nouvelle. « Ce qui sort de l'homme, voilà ce qui souille l'homme. Car c'est du dedans, du coeur des hommes, que sortent les desseins pervers: débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l'homme ». (Mc 7, 20-23).

Nous savons que cette béatitude des cœurs purs ne désigne pas directement et essentiellement la chasteté, mais qu’elle revêt un champ plus vaste. Un cœur pur, c’est un cœur qui n’est pas mélangé, qui n’est pas trouble. C’est un cœur limpide et transparent, sans scories et sans alliage. C’est un cœur qui peut goûter les joies sublimes de l’union à Dieu ; c’est un cœur uni au Cœur de Jésus, doux et humble de cœur, tellement uni qu’il ne fait plus qu’un avec lui. « Idem velle, idem nolle » rappelait le Pape Benoît XVI dans son encyclique « Dieu est Amour » (n° 17). Union des volontés, qui suppose bien des purifications.

Tiens, le mot « purification » apparaît ! C’est qu’effectivement un cœur pur c’est un cœur qui s’est laissé purifier dans le feu de l’amour divin que le Seigneur est venu allumer sur la terre, dans cet Esprit consumant qui a embrasé le cœur des Apôtres après la Pentecôte, et qui doit nous dévorer aussi.

Un cœur pur, c’est au fond simplement un cœur qui accueille la grâce sans y mettre de conditions, un cœur docile et aimant, un cœur dans lequel on peut voir se refléter l’image du Fils Unique.

C’est pourquoi un cœur pur est toujours beau et attirant. Il n’écrase pas par sa supériorité, il ne méprise pas ceux qui sont encore dans la boue du péché. Il ne décourage pas ceux qui l’approchent, mais tout au contraire il stimule la bonne volonté, encourage les faibles, et renvoie sans cesse à la grâce puissante de Dieu, qui seule peut transfigurer un cœur d’homme.

Un cœur pur, c’est un cœur libre, parce que vide de lui-même et plein de Dieu, et ne cherchant qu’à plaire à la Divine Majesté. C’est pourquoi un cœur pur est aussi un cœur compatissant. Un cœur orgueilleux et dur n’est pas un cœur pur, fût-il quitte vis-à-vis des fautes d’impureté.

Ce qui souille le cœur, n’est-ce pas d’abord toutes les fausses représentations de Dieu que nous nous faisons, toutes les caricatures qui déforment le visage qu’Il nous a révélé dans son Fils, les erreurs que nous mêlons à la pureté de la foi, nos idées personnelles qui ne correspondent pas à la Vérité révélée ? Mais croyons-nous suffisamment à la REVELATION ? De même que l’idolâtrie était comparée par Dieu dans l’Ancien Testament à un adultère, de même l’hérésie est une impureté de la foi.

Mais ce qui souille le cœur, ce sont aussi les affections déréglées, qui nous détournent de Dieu, nous empêchent de Le contempler et de Le goûter. Les fautes volontaires contre la chasteté, en pensées, en paroles, en désirs, en actes, sont autant d’obstacles au rayonnement de la grâce et à la vision de Dieu qui nous est promise. Les fautes d’impureté renferment l’homme sur lui-même et minent sa capacité à donner, à se donner, à aimer véritablement. Ces fautes découragent et provoquent le dégoût de la vie spirituelle, empêchant l’homme d’atteindre la contemplation de Dieu.

Quelle tristesse de troquer la vision de Dieu, qui fera notre béatitude éternelle au ciel et dont nous pouvons avoir un avant-goût sur la terre, quelle tristesse de troquer cette vision de Dieu contre la satisfaction d’un plaisir passager ! Je ne parle pas bien sûr de l’usage légitime de la sexualité dans le mariage mais de son usage désordonné et peccamineux, là où ne sont pas respectées la valeur et la signification de la sexualité humaine.

Chacun peut constater que notre société ne comprend plus la beauté et l’importance de la chasteté. Nous ne pouvons que souffrir du débordement païen de pornographie, qu’elle soit « chic » ou « choc », sur nos murs et jusque dans vos foyers, dans vos journaux, par la télévision, l’Internet, etc.  Et ce sont les plus faibles qui sont les premières victimes. Cependant, « celui qui se flatte d’être debout, qu’il prenne garde de tomber » (1 Cor 10,12). Qui saura provoquer un réveil de la conscience, et mener une action efficace pour faire reculer cette marée noire ? On est tenté de dire avec le psalmiste : « Que Dieu se lève et que ses ennemis se dispersent ! » (Ps 67,2). Mais l’intervention de Dieu passe par les médiations humaines. Courage ! « Les hommes d’arme batailleront, et Dieu donnera la victoire » (Ste Jeanne d’Arc).

Heureux celui qui se discipline, pour protéger ce trésor de la grâce que Dieu a mis en lui ! Il recevra la couronne de gloire. Ce n’est pas d’ailleurs en pérorant sur la laideur du péché et la tristesse de la chair que nous trouverons la force de nous détourner, mais en méditant sur la beauté de la grâce - c’est presque un pléonasme - reflet de la beauté infinie de Dieu ; en rendant grâces au Seigneur pour tous ses dons et pour sa présence parmi nous et en nous, comme Sauveur miséricordieux. Alors nous vivrons dans la joie, et cette joie vient bien de Dieu, car nul ne peut nous la ravir.

 

Voici quelques conseils que donnait l’abbé V.-A. BERTO, fondateur des Dominicaines du Saint-Esprit (Pontcallec), dans un opuscule destiné aux séminaristes :

« B) Il faut une chasteté généreuse, résolue, qui ne regarde pas en arrière, qui ne craigne pas de trop donner, qui ne calcule pas jusqu'où elle pourrait aller sans se perdre, qui ne conserve pas le regret de ce qu'elle a dédaigné ; « Dieu aime ceux qui donnent avec joie ». (II, Cor IX, 7 et Eccli, XXXV, 11).

C) Il faut une chasteté délicate.

a) ni scrupuleuse et perpétuellement inquiète (le scrupule, en cette matière surtout, est annihilant) ;

b) ni relâchée, chercheuse de compromis avec le mal, hésitant chaque fois si elle cèdera ou si elle résistera ;

c) mais jalouse de son éclat, et prompte à repousser toute apparence suspecte : «Gardez-vous de toute espèce de mal » (I Thess, V. 22).

D) Il faut donc une chasteté avertie.

a) ce n'est pas de savoir le mal qui est mauvais, mais de l'aimer, car l'objet se conforme à la nature de celui qui le connaît, au lieu que celui qui aime se conforme à la nature de l'objet.

b) par conséquent, une science légitimement acquise, ou même acquise contre l'ordre, pourvu que le désordre initial soit détesté et rétracté, une science sereine, non obsédante, imitant la pure et libre spiritualité de la science divine, est bonne et nécessaire.

E.) Il faut, une chasteté enthousiaste, joyeuse, consciente de son prix, de son bienfait, de sa beauté, exultante chaque fois qu'elle prend conscience d'elle-même.

F) I1 faut une chasteté communicative, rayonnante. De saint Dominique, son premier biographe disait qu'il avait en lui une « castitas transfusiva ». Il ne suffit pas que nous soyons purs ; il faut que notre seul aspect montre la splendeur et donne le désir de la pureté.

G) Il faut une chasteté humble.

a) non présomptueuse et insoucieuse du danger.

b) qui se reconnaisse dépendante, pour l'existence et la persévérance, de la grâce divine et qui s'y appuie constamment.

c) qui avoue ses luttes. Il est plus pénible parfois d'avouer ses tentations que ses fautes ; pourtant c'est aussi nécessaire.

d) qui avoue aussi, le cas échéant, ses fragilités : « Je me lèverai et j’irai vers mon père ». (Lc. XV, 18).

H) Il faut enfin et surtout une chasteté aimante.

a) qui trouve sa raison d'être et sa consommation dans un amour toujours vivant, toujours ardent, de Jésus-Christ : « Mon Jésus, mon préféré ! »

b) qui s'oriente et s'adonne à la contemplation de la vérité. « car ils verront Dieu », (Mt. V, 8), « Le démon est trop maître d'une âme qui n'est pas chaste pour y laisser entrer la vérité ». (P. de Foucauld).

c) qui trouve, dans la certitude et dans la force souveraine de son amour pour Jésus, la sécurité dans ses rapports les plus intimes et les plus tendres avec les âmes que Dieu, l'heure venue, lui ordonne de chérir ».                        (Principes de Direction spirituelle, appendice sur la chasteté cléricale. Extraits)

 

Nous reconnaissons et nous admirons cet éclat de la chasteté chez certains. Nous y aspirons, nous y tendons, habités par le désir de contempler éternellement ce Dieu qui s’est manifesté à nous. « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». A ceux qui en doutent, à ceux qui ricanent, à ceux qui protestent, je voudrais dire simplement : « Venez et voyez ! » (Jn 1,39).

Abbé Hugues de MONTJOYE

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