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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 18:15

 


I

l y a longtemps, mes frères, que mon âme voudrait s’épanouir avec vous dans la parole de Dieu, et vous saluer en celui qui est notre secours et notre salut. Ecoutez donc par notre intermédiaire ce que dit le Seigneur, et avec nous réjouissez-vous en lui, en sa parole, en sa vérité, en sa charité. Le Psaume dont nous voulons vous parler aujourd’hui, est en accord avec l’ardeur de vos désirs. C’est par un saint désir en effet qu’il commence; et le chantre s’écrie : « Comme le cerf altéré brame après les sources d’eau vive, ainsi mon âme soupire après vous, ô mon Dieu !» (Ps. XLI, 2). Qui donc parle ainsi ? C’est nous, si nous voulons. Pourquoi chercher ailleurs celui qui parle, quand tu peux être toi-même ce que tu cherches ? Toutefois, ce n’est point un seul homme, mais bien tout un corps. C’est le corps du Christ, ou l’Eglise (Colos. I, 24). Il est vrai qu’on ne trouve point le même désir chez tous ceux qui entrent dans l’Eglise : et néanmoins ceux qui ont goûté combien le Seigneur est doux, et retrouvé cette douceur dans ce cantique, ne doivent pas croire que cette faveur est pour eux seuls ; mais qu’ils se persuadent que cette semence est répandue dans le champ du Seigneur, par toute la terre, et que les chrétiens disent avec une certaine unité : « Comme le cerf altéré brame après les sources d’eau vive, ainsi mon âme soupire après vous, ô mon Dieu ». On peut en effet, sans erreur, appliquer ces paroles aux catéchumènes, qui s’empressent d’arriver à la grâce du baptême. De là tient qu’on leur chante solennellement ce psaume, afin qu’ils soupirent après cette source de la rémission des péchés. « Comme le cerf brame après les fontaines d’eau vive ». Qu’il en soit ainsi, et que cette interprétation, qui est vraie, qu’autorisent nos solennités, soit reçue dans l’Eglise. Toutefois, mes frères, il me semble que le baptême n’assouvit pas chez les fidèles cet ardent désir; qu’il ne sert qu’à l’attiser davantage, s’ils savent bien en quel lieu ils voyagent comme étrangers, et où leur pèlerinage doit aboutir. (…)

Stimulons donc notre intelligence, et comprenons-le, puisqu’il est chanté pour nous. Que nous faut-il comprendre ? En le chantant, quelle intelligence veut-on nous en donner ? J’ose bien dire : «Les perfections invisibles de Dieu sont devenues visibles depuis la création du monde, par tout ce qui a été fait» (Rom. I,20). Entrez donc avec moi, mes frères, dans une sainte avidité, prenez part à mon désir. Aimons ensemble, ayons soif ensemble et courons ensemble aux sources de l’intelligence. Soupirons comme le cerf après cette fontaine; et, sans parler de cette source de la rémission des péchés, après laquelle soupirent nos catéchumènes, soupirons, nous qui sommes baptisés, après cette autre fontaine dont l’Écriture dit ailleurs : « C’est en vous qu’est la source de la vie ». Source qui est aussi une lumière, «puisque c’est à votre lumière que nous verrons la lumière» (Ps. XXXV, 10). Si donc il est source et lumière, il est aussi intelligence, car il apaise dans une âme la soif de la science; et quiconque a de l’intelligence est éclairé par une certaine lumière, qui n’est ni corporelle, ni charnelle, ni extérieure, mais intérieure. Il y a donc, mes frères, une certaine lumière intérieure qui manque à l’homme dépourvu d’intelligence. Aussi l’Apôtre conjure-t-il ainsi ceux qui soupirent après cette source d’eau vive, et qui en goûtent quelque peu : « Désormais, ne marchez plus comme les Gentils qui s’avancent dans la vanité de leurs pensées, qui ont l’esprit plein de ténèbres, entièrement éloignés de la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux et de l’aveuglement de leur cœur » (Eph. IV, 17, 18). Si donc leur intelligence est obscurcie, c’est-à-dire s’ils sont dans les ténèbres parce qu’ils ne comprennent point, il suit de là que l’intelligence est une lumière. Cours donc à la fontaine, soupire après les sources d’eau vive. C’est en Dieu qu’est la source de la vie et la source intarissable : c’est de son flambeau que nous vient une lumière qui ne s’obscurcira jamais. Soupire après cette lumière, après cette fontaine, lumière que tes yeux ne connaissent point, lumière à laquelle tu dois préparer l’œil de ton âme, fontaine où ne peut se désaltérer que la soif intérieure. Cours à cette fontaine, soupire après ses eaux ; mais n’y cours point d’une manière telle quelle, ni comme tout animal peut y courir; cours-y comme le cerf. Qu’est-ce à dire, comme le cerf ? Qu’il n’y ait rien de pesant dans ta course, mais qu’elle soit légère, que tes désirs soient vifs. Le cerf est pour nous un modèle de vitesse.

Peut-être n’est-ce point l’agilité seulement, mais d’autres qualités encore que l’Écriture veut nous signaler chez les cerfs. Ecoutez ce qu’ils ont encore de spécial. Ils tuent les serpents ; et, après les avoir tués, ils sont brûlés d’une soif plus ardente, la mort des serpents les précipite plus rapidement encore vers les fontaines. Pour toi, les serpents sont tes vices : donne la mort aux serpents de l’iniquité, et tu n’en auras que plus soif de la vérité. L’avarice souffle peut-être à ton âme une parole de ténèbres, elle siffle contrairement à la parole de Dieu, contrairement au précepte du Seigneur. Et comme l’on te dit : Dédaigne un tel gain, ne commets point l’iniquité si tu préfères l’iniquité, au lieu de dédaigner un gain temporel, tu aimes mieux être mordu par le serpent que le tuer toi-même. Mais dans cette faveur que tu as pour tes vices, pour tes convoitises, pour ta cupidité, en un mot pour ton serpent, comment reconnaîtrai-je ce désir qui te précipitera vers les sources d’eau vive ? Surchargé du poison de la malice, comment pourras-tu recourir aux sources de la sagesse ? Extermine donc en toi ce qui est contraire à la vérité ; et quand il n’y aura plus chez toi nulle convoitise mauvaise, n’en demeure point là, comme s’il ne te restait rien à désirer. Il y a toujours quelque point où tu dois t’élever; si déjà tu as obtenu de n’avoir plus aucune entrave en toi-même. Mais si tu es du nombre des cerfs, tu me diras peut-être : Dieu sait que je ne suis point avare ni désireux du bien d’autrui, que je ne brûle point des feux de l’adultère, que je ne sens en mon âme ni haine ni envie contre qui que ce soit, et autres choses semblables. Tu me diras encore : Je n’ai point ces défauts; et tu cherches peut-être où sera ton plaisir. Désire ce qui pourra te plaire, soupire après les sources d’eau vive. Dieu a de quoi te rassasier, te combler, quand tu viendrais à lui avec la soif et l’agilité du cerf qui a tué des serpents.

Il est encore une remarque à faire au sujet du cerf. On dit que les cerfs, et quelques-uns affirment l’avoir vu, car on n’oserait rien écrire de semblable si on ne l’avait vu ; on dit donc que des cerfs marchant en troupes, ou cherchant à la nage d’autres contrées, appuient l’un sur l’autre le poids de leurs têtes de sorte que l’un ouvre la marche, que ceux qui suivent reposent leurs têtes sur lui; et de même ceux qui suivent sur ceux qui les devancent, et ainsi jusqu’au dernier ; que le dernier, fatigué au premier rang du poids de sa tête, revient derrière, afin de laisser au suivant le fardeau qu’il portait, et de se rendre compte de sa fatigue, en donnant sa tête à porter, comme le faisaient les autres. C’est ainsi que tour à tour, portant ce qu’ils ont de trop lourd, ils achèvent le voyage sans se quitter. N’est-ce point au cerf que l’Apôtre fait allusion quand il dit : « Portez mutuellement vos fardeaux, et vous accomplirez la loi du Christ ?» (Gal. VI, 2).

Un tel cerf, affermi dans la foi, qui ne voit point ce qu’il croit, qui désire comprendre ce qu’il aime, souffre des contradictions de qui ne sont point des cerfs, qui ont l’intelligence obscurcie, qui sont plongés dans les ténèbres intérieures et aveuglés par de coupables convoitises. Ils vont même jusqu’à dire insolemment à l’homme de foi qui ne peut montrer ce qu’il croit : «Où est donc ton Dieu ? » (Ps. XLI, 4). Écoutons ce qu’a opposé à ces paroles ce cerf qu’il nous faut imiter, si nous le pouvons. D’abord il exprime l’ardeur de sa soif : «Comme le cerf », dit-il, «brame après eau de fontaine, ainsi mon âme soupire après vous, ô mon Dieu ». Mais est-ce pour s’y baigner que le cerf brame après les eaux ? Jusque-là nous ne savons si c’est pour y ou s’y baigner. Écoute ce qui suit et ne questionne plus : « Mon âme a soif de vous, qui êtes le Dieu vivant ». Cette parole : « Comme le cerf brame après l’eau des fontaines, ainsi, mon âme soupire après vous, ô mon Dieu » (Id, 2, 3), je la répète ici: « Mon âme a soif de vous, ô Dieu, source de vie ».

Quelle est la cause de sa soif   ?  « Quand apparaîtrai-je devant la face de Dieu ? » Arriver, apparaître : voilà ce qui attise ma soif. J’ai soif dans mon pèlerinage, soif dans ma course : je serai désaltéré à mon arrivée. Mais, «quand arriverai-je ?» Ce qui est court aux yeux de Dieu, est bien long pour mes désirs. «Quand apparaîtrai-je devant la face de Dieu ?» C’est ce même désir qui lui fait pousser ailleurs cette exclamation : « Je n’ai fait au Seigneur qu’une seule demande, c’est d’habiter tous les jours de ma vie dans la maison du Seigneur ». Pourquoi ? « Afin », dit-il, « de contempler la beauté du « Seigneur». — « Quand viendrai-je et apparaîtrai-je devant la face de Dieu? »  


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