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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 15:00

 

La fête de la Nativité nous fait admirer l’abaissement extrême du Seigneur, qui, alors qu’il était de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais prit la condition de serviteur, se faisant semblable aux hommes (cf. Phil 2,6). Nous reconnaissons dans cette merveille de l’Incarnation la preuve de l’amour de notre Dieu pour sa créature, l’aurore du salut, et si, à l’image de la Vierge Marie,  nous gardons toutes ces choses, les méditant dans notre cœur (cf. Luc 2, 19), nous ne pouvons que déborder de reconnaissance pour un si grand bienfait. 

Souvent sans doute avons-nous médité sur ce troisième mystère joyeux de notre rosaire, en demandant la grâce du détachement, de l’esprit de pauvreté. Mais songeons-nous à la leçon d’obéissance que contient ce mystère ? Quel exemple pour nous ! Pour une intelligence obscurcie par le péché originel (et par ses péchés personnels …), il y a comme un paradoxe à ce que le Christ qui vient nous libérer et nous faire entrer dans la liberté des enfants de Dieu commence son existence terrestre par une leçon d’obéissance. « Le Christ dit ceci entrant dans le monde: " Vous n'avez voulu ni sacrifice, ni oblation, mais vous m'avez formé un corps; vous n'avez agréé ni holocaustes, ni sacrifices pour le péché.  Alors j'ai dit: Me voici,  je viens ô Dieu, pour faire votre volonté. " » (Hébreux 10, 5-7). Sa vie entière tient dans ce simple mot, qui résume, dans l’évangile de Luc, toute la vie cachée à Nazareth : « Et Il leur était soumis » (Lc 2,51) Et jusqu’à sa Passion, Il témoignera qu’Il n’est venu que pour cela faire la volonté du Père, accomplir son dessein salvifique. « Il s’est fait obéissant jusqu’à la mort et la mort de la Croix » (Ph 2,8). Samuel insistait, quant à lui, sur la supériorité de l’obéissance sur tous les sacrifices : « Samuel dit: "Dieu trouve-t-il du plaisir aux holocaustes et aux sacrifices, comme à l'obéissance à la voix de Dieu ? L'obéissance vaut mieux que le sacrifice et la docilité que la graisse des béliers" » (1Samuel 15,22).

Si le Christ a donné un exemple si fort d’obéissance, c’est d’abord pour racheter la désobéissance d’Adam, par laquelle la mort est entrée dans le monde, puis pour nous ouvrir la voie, nous appelant à faire comme Lui a fait et comme Il nous commande. C’est la condition de l’amitié avec Dieu, avec le Christ. « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » (Jn  15,14). L’obéissance à Dieu prime tout et peut conduire le chrétien jusqu’à la désobéissance civile, comme le rappelait notamment Jean-Paul II dans son encyclique « Evangelium Vitae » sur le respect de la vie, reprenant l’enseignement de saint Pierre selon lequel il faut être capable de braver un ordre qui irait contre la loi de Dieu (cf. Ac 4,19). Mais cette obéissance à Dieu, en dehors de ces cas extrêmes et rares de l’objection de conscience, se traduit par l’obéissance aux autorités humaines légitimes : parents, époux, maîtres, pouvoirs publics, en qui nous devons reconnaître une parcelle, une délégation de l’autorité de Dieu, car « Toute autorité vient de Dieu » (cf. Rm 13, 1-7 et Jn 19,11). 

Tout cela semble nous entraîner bien loin de la liberté apportée par le Christ, dont nous parlions au début. Faudrait-il donc choisir entre l’une et l’autre ? Nietzsche a-t-il raison de voir dans la religion chrétienne une religion d’esclaves, au sens où elle nous enfoncerait dans une servilité pathologique ? C’est méconnaître la volonté du Christ et le dessein poursuivi par le Père en envoyant son Fils Unique. Le mot « Rédemption » qui résume l’œuvre du Christ sur la terre ne signifie-t-il pas « délivrance », « rachat » ? Ne séparons pas ce que Dieu a uni. Cela ne vaut pas seulement pour l’union de l’homme et de la femme dans le sacrement du mariage, mais pour tout ce que Dieu a voulu unir, en l’occurrence l’obéissance et la liberté. Il nous faut corriger radicalement notre approche de la liberté, tellement faussée par une conception « libertaire », qui voudrait nous faire croire que la liberté consiste à faire ce que l’on veut, en d’autres termes de n’en faire qu’à sa tête. On se souvient de la magistrale encyclique de Jean-Paul II « Veritatis Splendor », sur les fondements de la morale, et particulièrement sur les rapports entre vérité et liberté. 

Le chrétien est affranchi de la Loi, comme l’explique bien saint Paul aux chrétiens de Rome (qui cite 53 fois la Loi dans sa seule épître aux Romains : recherche effectuée par le moteur de recherche d’Ictus 3 en 0,03 secondes …) (cf. Rm 6,14). Le chrétien est affranchi de la Loi, du moins celui qui vit du Christ, celui qui agit sous la motion du Seigneur et de son Esprit, celui-là  est affranchi de la Loi. « Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Cor 3,17).  Si saint Paul parle bien d’une loi du Christ (Ga 6,2), elle se résume dans la charité, donnée par le Christ Lui-même avant sa Passion comme son testament. Il nous enseigne dans le même temps l’obéissance et la charité, l’obéissance et la liberté. Cette liberté n’est pas chimérique, elle est réelle et concrète, car elle repose sur un événement historique, la victoire du Christ sur la Croix, elle naît, elle jaillit d’un contact personnel, d’une adhésion de tout notre être au Christ par la foi, l’espérance et la charité (nous la retrouvons…). 

Alors, que nous soyons enfants ou adultes, que nous soyons esclaves ou hommes libres (exemple destiné à montrer que cette liberté se situe au-delà du plan social) comprenons que si nous voulons régner avec le Christ et être libres, et pour l’éternité, nous devons faire nôtres les sentiments qui étaient dans le Christ Jésus (cf. Phil 2,5), nous devons vivre dans notre chair les croix de l’obéissance, sources de joie pour celui qui les porte avec Notre Seigneur, pour la rédemption des âmes : « J’achève en mon corps ce qui manque à la Passion du Christ pour son corps qui est l’Eglise » (Col 1,24). C’est la clef de la sainteté, puisque la sainteté consiste essentiellement dans la conformité de notre volonté avec la volonté de Dieu. Entraînons-nous à une obéissance prompte et sans réplique, enseignons-la aux jeunes en essayant de leur en faire comprendre les bienfaits, et surtout en leur montrant toujours notre Divin Modèle, le Christ. Montrons aussi l’exemple de sa Très Sainte Mère, et celui de tant de saints de tous les âges (et de tous âges) qui sont une preuve vivante que les promesses du Seigneur ne sont pas vaines. Ne vivons pas dans l’illusion, et nous serons libres, vraiment libres. « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres » (Jn 8,32)

 

Abbé Hugues de MONTJOYE

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