Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:05


 


L

es exercices corporels ne servent pas à grand-chose; la piété, au contraire, est utile à tout, car elle a les promesses de la vie, de la vie présente comme de la vie future (1 Tim. 4,8).

Voilà une vérité que saint Paul rappelait à Timothée, et qu’il nous est bon de réentendre à l'approche du carême, alors que nous allons choisir nos résolutions. Ainsi, inconsciemment peut-être, nous fixons les priorités de notre vie, les valeurs qui nous animent et que nous entendons conserver et défendre, mieux : faire rayonner pour les partager avec ceux qui nous entourent, que nous côtoyons ou que nous croisons simplement. La Providence ne les a-t-elle pas mis sur notre route pour que nous soyons pour eux les témoins et les messagers de l’Amour de Dieu pour l’humanité blessée, Amour qui nous a guéris et relevés nous les premiers. « Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre » (Mt.5,13-14). Des dix lépreux guéris par Notre-Seigneur,  un seul est venu lui rendre grâce. La question que lui pose Jésus résonne encore dans notre cœur : « Tous les dix n’ont-ils pas aussi été guéris ? (Lc 17,17)». Seul celui-là était revenu vers Jésus, glorifiant Dieu à haute voix. Action de grâces. Témoignage public. Et nous, n’avons-nous pas aussi été guéris?

Sans la piété, il n’y a pas de vie surnaturelle possible, car il n’y a pas de communion avec Dieu. Dieu est vu comme un étranger, un bienfaiteur peut-être, mais lointain, inaccessible ou indifférent. Il n’est pas reconnu comme un Père très aimant qui nous appelle à son intimité, malgré notre petitesse et nos péchés. Les neuf autres lépreux de tout à l’heure étaient certainement reconnaissants au Christ de leur guérison. Mais ils ne sont pas retournés vers Lui, ils ne l’ont pas cherché et ils n’ont pas entendu cette parole plus extraordinaire encore que la purification de leur lèpre : « Va ! Ta foi t’a sauvé! ». La piété est utile à tout, car elle a les promesses de la vie. Elle alimente en nous la foi, l’espérance et la charité, qui sont la base de notre vie surnaturelle. Sans la piété, ces trois vertus théologales s’étiolent et se dénaturent. Au jour du Jugement, le Seigneur pourra nous demander avec justice : « Qu’as-tu fait de tes talents ? Rends compte de ta gestion ? »

La piété est utile à tout, et le monde n’en parle pas. Les médias ne vantent que le confort, le luxe, la facilité, le bien-être, quand ce ne sont pas franchement l’égoïsme, la paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’envie, l’avarice… Tiens, tiens cela ressemble aux sept péchés capitaux, les sept vices qui nous menacent. Nous sommes loin du chemin du vrai bonheur, balisé par … les vertus !

Pour garder la ligne, être en bonne forme physique, acquérir des compétences dans une discipline quelconque (sport, musique, …), on ne ménage ni ses sous, ni ses efforts. Mais qu’est-on prêt à faire pour garder la santé de l’âme? On meublera son temps par mille activités (travail et loisirs), et il ne restera plus de place pour l’essentiel. La piété est nécessaire pour nous faire entrer dans la connaissance vraie de Dieu, qui ne s’acquière pas seulement par l’intelligence, mais par le cœur, le cœur-à-cœur. « Dieu est parfaitement connu, disait saint Bernard, quand il est parfaitement aimé ». La science la plus utile, parce qu’en définitive la seule nécessaire, serait-elle la seule que nous ne cherchions pas à acquérir?

Quand on observe la place que prend le sport aujourd’hui dans la vie des Français, on est en droit de se dire que la remarque de Saint Paul à Timothée était faite pour notre époque. Quand on constate que souvent la pratique actuelle du sport empêche ceux qui s’y livrent de remplir leurs devoirs religieux  (plus de messe le dimanche, plus de catéchisme, plus de souci de formation…), et leur interdit ainsi l’épanouissement normal de la vie chrétienne, on ne peut que penser à la mise en garde de Notre-Seigneur vis-à-vis de l’argent: « Nul ne peut servir deux maîtres! » (Mt 6,24). Quand les intérêts du sport priment sur ceux de notre âme et sur les droits de Dieu, on peut dire que le sport est devenu une idole, un dieu, une religion.

Les premiers chrétiens ont subi torture et mort par fidélité au Christ, à l’évangile, aux promesses de leur baptême, et nous piétinerions ces mêmes promesses pour être comme tout le monde, pour être « dans le vent ». Comme le dit le dicton, il n’y a que les feuilles mortes qui soient dans le vent ! N’oublions pas que la sanctification du jour du Seigneur est un commandement de Dieu, et que l’Eglise nous fait un grave devoir d’assister à la messe pour remplir ce précepte, si bien que consentir à y manquer constitue un péché mortel, un grave désordre. Et quel mauvais exemple pour le prochain, que nous risquons d’entraîner dans le même péché. Nous aurions ainsi une responsabilité dans son propre péché. Que chacun s’examine. Remettons la piété à l’honneur. Elle a les promesses de la vie éternelle.

Et ce que nous venons de dire du sport ou des loisirs est également vrai des études ou du travail. Tant mieux si les chrétiens travaillent avec sérieux et application, s’ils cherchent à être plus habiles dans leurs affaires que les fils de ténèbres, à occuper des responsabilités importantes pour exercer une saine influence sur la société. Mais à quel prix ? Au risque d'avoir une vie spirituelle sous-développée ? Alors cela n’en vaut pas la peine. Quelles sont les priorités ? Quelle est ma vocation ? A quoi suis-je appelé ? A une vie divine. Rien de moins. A la sainteté. Dès ici-bas. A la perfection de la charité. Voilà ce qu’il faut désirer sans limite, ce que l'on peut rechercher et poursuivre sans relâche et sans risque.

Quel programme pour notre carême tout proche ! Ce sera le même l’année prochaine, et l’année suivante encore. C’est d’ailleurs le programme que traçait pour le nouveau millénaire le Bienheureux Jean-Paul II dans son exhortation apostolique « Novo Millenio Ineunte ». Nous pourrions être tentés de chercher à l’oublier, mais impossible, l’Eglise nous le rappelle, le crie sur les toits et dans toutes les langues. Elle nous secoue comme dans l’Apocalypse le Christ secoue les communautés chrétiennes d’Asie Mineure, comme il secoue en particulier l’Eglise de Laodicée : « Je connais tes oeuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni chaud. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche. Tu t’imagines : me voilà riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien. Mais tu ne le vois donc pas : c’est toi qui es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. Aussi, suis donc mon conseil : achète chez moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises! » (Ap 3, 15-22).

Le Seigneur refuse la médiocrité. Les saints disent qu’il s’agit de l’état le plus dangereux de la vie spirituelle. Jésus veut nous en arracher. Il le fait en nous invitant à l’écouter, lui qui frappe à la porte de notre vie.

Ce programme nous dérange. Nous étions si bien, presque tranquilles. Mais l’appel à la sainteté nous invite à aller toujours plus loin, car nous ne sommes pas encore parvenus au but.

La sainteté, c’est se laisser saisir et transformer par le Christ, le seul Saint (« Tu solus Sanctus » chantons-nous trop discrètement dans le gloria de la messe). Etre saint, c’est disparaître le plus possible, pour Le laisser transparaître dans nos vies. C’est devenir miroir, reflet, icône de la gloire divine. C’est écarter dans nos vies tout ce qui ferait écran, tout ce qui obscurcirait ou fausserait le rayonnement du Dieu-Amour. Voilà le résumé du mystère d’Amour caché depuis les siècles en Dieu.

C’est par l’amour que nous aurons les uns pour les autres et pour Dieu que nous serons vraiment les fils de notre Père du Ciel; c’est par cet amour que nous serons les disciples du Seigneur qui nous a dit : « Mon commandement, c’est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimé » et encore : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 35). Le Cardinal F-X Nguyen Van Thuan, vrai témoin du Christ sous la persécution communiste au Vietnam,  le rappelait au Pape et à la Curie Romaine lors de la retraite qu'il leur prêcha pour le Jubilé: « Là où est l’amour réciproque, là se voit le Christ. Et voilà la mesure de l’amour réciproque : « Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime » (Jn 15, 12-13). C’est donc à raison que l’instrumentum laboris de la récente Assemblée du Synode des évêques pour l’Europe affirme : « Si l’Eucharistie est la présence la plus grande du Seigneur ressuscité, l’amour réciproque vécu avec l’aspect radical de l’évangile est la présence la plus transparente, qui interpelle le plus et conduit à croire » (n°45). « Ubi caritas et amor, Deus ibi est », dit l’hymne antique » (Cardinal F-X Nguyen van Thuan, Témoins de l’Espérance - Retraite au Vatican, p. 181).

Par la pratique de la charité, nous laissons le Saint-Esprit agir en nous et par nous. Il nous sanctifie et fait de nous les instruments de la grâce divine. Si Jean-Paul II, dans Novo Millenio Ineunte, nous demandait d’approfondir « une solide spiritualité de communion », c’est justement parce que la communion fraternelle, quand elle est fondée sur l’évangile, est le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu. « Dieu, nul ne l’a jamais contemplé - dit Jean - ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour en nous est accompli » (1 Jn 4, 12).

Etant chargés, en tant que pasteurs de la communauté, de vous conduire sur cette voie de la charité fraternelle, nous tâcherons d’abord d’en donner l’exemple, nous souvenant de l’exhortation de saint Pierre : « Soyez les modèles du troupeau » (cf 1 Pierre 5, 3). Aidons-nous tous mutuellement dans la pratique de la charité, nous en serons tous bénéficiaires. Que la communauté que nous formons tous ensemble soit un espace de charité chrétienne (la charité du Christ), où la légitime diversité inhérente à toute société humaine ne nuise pas à l’unité des cœurs et des âmes.

C’est ce que je vous souhaite pour que grandisse en nous, entre nous et autour de nous le Royaume de Dieu

 

Abbé Hugues de MONTJOYE recteur

Partager cet article

Repost 0
Published by Eglise Saint-Georges - dans BULLETIN - FORMATION
commenter cet article

commentaires

 

 

Retrouvez toute l'actualité de Saint-Georges sur son nouveau site :

 

http://eglisesaintgeorges.com/

Rechercher

Consultez

le dernier bulletin paroissial

  Novembre 2012

Inscription à l'adoration du 1er vendredi du mois

ici

Inscription au service fleurs

ici

APOSTOLAT DE LA PRIERE

2012


(Du Vatican, le 31 décembre 2008 ;
Agence Fides 3/2/2009)

-wsb-480x623-PapstBenedikt36.jpg 

Septembre 2012

Intentions du Saint-Père

 

Intention Générale :

 

 

 

Pour que les responsables politiques agissent toujours avec honnêteté, intégrité et amour de la vérité. 

 

 

 

Intention Missionnaire

 

   Pour que les communautés chrétiennes se rendent disponibles à l’envoi de missionnaires, prêtres, laïcs, et augmentent leur soutien concret en faveur des Eglises les plus pauvres.