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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 00:00
 
En ce début d’année, il m’a paru intéressant de proposer un thème général que nous pourrions développer au fil des mois dans les différentes rubriques du bulletin. La première idée qui s’est imposée à moi par son importance centrale dans notre vie chrétienne est la prière. Nous avons bien sûr déjà abordé ce sujet à de nombreuses reprises, dans les homélies, les récollections, les bulletins même, les conseils de direction ou de confession, mais nous pourrions dire de la prière comme le Père de Montfort disait de la Sainte Vierge : « De Maria numquam satis ». De la prière on ne parle jamais assez.

   Pour nous en convaincre, je citerai en exergue les premiers mots de l’Année Liturgique de Dom Guéranger : « La prière est pour l’homme le premier des biens. Elle est sa lumière, sa nourriture, sa vie même, puisqu’elle le met en rapport avec Dieu, qui est lumière, nourriture et vie ». Remarquons tout de suite que Dom Guéranger cherche d’abord à nous faire comprendre le bienfait de la prière. Nos devoirs vis-à-vis de Dieu ne sont pas oubliés, mais l’important est d’abord de saisir que seule la prière nous permet de répondre à notre vocation la plus profonde, seule la prière peut nous conduire au plein épanouissement de notre être. En inversant les termes de notre citation, nous pourrions dire que sans prière, nous restons dans les ténèbres, condamnés à l’atrophie et à la mort, sinon apparente, du moins réelle. Nous découvrons aussi dans cette riche citation le cœur de la prière, qui est de nous mettre en RELATION avec Dieu. La prière n’est pas une froide récitation de formules pieuses, elle n’est pas un repliement narcissique sur soi ou sur le néant, elle est « l’élévation de notre âme vers Dieu », comme nous l’apprenons au catéchisme. Elle est un vrai dialogue avec Dieu. Je Lui parle et Il me parle. Il me parle secrètement certes, mais si je sais ouvrir l’oreille de mon cœur, si je sais me recueillir, faire taire en moi les bruits du monde ou des passions déréglées, son murmure deviendra audible. Il se révèle souvent comme Il s’est révélé au prophète Elie, non dans le vent violent, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu, mais dans un murmure doux et léger, dans la brise légère (cf. 1 Rois 19,12). Voilà pour ceux qui disent un peu vite que la prière n’est pour eux qu’un fatiguant monologue !

   La prière peut bien évidemment être difficile, voire douloureuse. Elle est le premier lieu du combat spirituel, celui dans lequel le démon aveugle bien des âmes. « Ma prière est trop sèche, elle ne vaut rien ». « Le Seigneur ne m’exauce jamais, c’est bien la preuve qu’Il n’écoute pas mes prières ou qu’Il ne les a pas pour agréables ». « J’ai trop de distractions, ce n’est pas pour moi ». « J’ai essayé et je n’ai pas réussi. A quoi bon continuer ? » « Je n’ai pas le temps, je prierai plus tard ». Nous pourrions allonger ce genre de remarques. Comprenons derrière chacune que c’est le démon qui se frotte les mains. Dès qu’il réussit à convaincre une âme de s’éloigner de la prière, il sait que sa victoire se profile. Seule la miséricorde du Seigneur pourra rattraper les égarés.  

   Et ne croyons pas que les religieux, en particulier les contemplatifs, n’ont pas à lutter aussi dans ce domaine. Ils sont même aux premières lignes de ce combat redoutable et décisif. Quand on sait qu’une sainte Thérèse d’Avila a connu la plus terrible sécheresse spirituelle pendant treize années, que son héritière de Lisieux a traversé les mêmes épreuves les deux ans et demi qui ont précédés sa mort, que saint Jean de la Croix, Docteur de la vie spirituelle, est aussi le Docteur de la nuit de l’âme, on comprend qu’il ne faut pas être surpris des difficultés en ce domaine (quelles que soient les causes des difficultés que nous rencontrons, qui peuvent venir simplement de notre négligence…).

   Retenons bien cette vérité : sans prière, sans VIE DE PRIERE, pas de vie intérieure ! On pourra aller à la messe, communier même, s’il n’y a pas autour une RELATION personnelle et vivante à Dieu, notre vie spirituelle ne « décollera » jamais. On se condamne à vivre honnêtement, quand Dieu nous appelle à vivre saintement, à répondre à son amour, à entretenir avec Lui un amour d’amitié (cf. encyclique « Deus caritas est » de Benoît XVI). Et contrairement à ce que certains pensent malheureusement, il est beaucoup plus beau, joyeux et enthousiasmant de vivre saintement, du moins de tendre à cette qualité de vie, toute pénétrée d’un amour qui nous dépasse, nous attire, nous emplit, nous relève, que de se calquer sur un moralisme désincarné.

   Il ne suffit donc pas de « prier », encore faut-il remplir notre prière, l’animer, c’est-à-dire lui donner une âme, un souffle, une présence. « Adorer en esprit et en vérité » disait notre Seigneur (cf. Jn 4,23). Seul l’Esprit-Saint, Esprit commun du Père et du Fils, peut nous apprendre à prier et prie en nous si nous lui laissons la place, si nous collaborons à son action.

   Je voudrais aujourd’hui attirer l’attention sur les prières du matin et du soir. Combien de chrétien les négligent de façon plus ou moins criante, persuadés que ce n’est pas si important. Qu’est-ce qu’une petite prière le matin ou le soir en plus ou en moins ?

   C’est à la fois peu de chose et beaucoup. Peu de chose car cela ne nous empêche honnêtement pas de vaquer à nos occupations. Sur quatre-vingt-quinze quarts d’heure que comporte une journée, si nous en consacrons, ne serait-ce qu’un au Seigneur (c’est peu !), il nous en reste quatre-vingt quatorze pour le repos, le travail, les repas, la détente… Avouons que le prétexte : « Je n’ai pas le temps ! » n’est pas convaincant, ni le matin, ni le soir. On peut toujours faire ne serait-ce qu’une brève offrande de la journée le matin, avec un beau signe de croix et une courte prière dans laquelle nous cherchons à mettre tout notre cœur, et le soir une prière un peu plus longue. Ne nous contentons pas d’un simple Pater et de quelques Ave. Ce qui peut suffire à cinq ans ne nourrit pas une vie spirituelle quand on a quinze ans ou soixante ans.

   Nous pouvons nous aider de différentes formules de prières toutes faites, puisées dans nos missels ou livres de prières.

   La récitation de l’angelus matin, midi et soir est une bonne manière de sanctifier notre journée, et permet d’ancrer facilement une bonne habitude qui sera un soutien et un levier pour notre prière . Le chapelet avec la méditation, même brève, des mystères nous conduit insensiblement de la prière vocale à la prière mentale, à la méditation. Il est bon de s’unir aussi à la prière officielle de l’Eglise, en utilisant telle ou telle partie de l’Office Divin : hymne, psaumes, capitule, répons, oraisons de l’office de matines, prime, laudes, vêpres ou complies. Le choix est vaste et permet de varier selon les jours. N’oublions pas en priant les psaumes qu’ils sont avant tout Paroles de Dieu Lui-même mises sur nos lèvres. Ils ont aussi l’avantage de pouvoir être dits en chœurs alternés, ce qui peut être profitable dans le cadre de la prière familiale.

   N’oublions pas que si nous avons une prière commune – en famille, en couple – celle-ci ne remplacera jamais tout à fait une prière personnelle, dont nous avons absolument besoin, notre relation à Dieu étant aussi personnelle. Cette prière plus personnelle prendra généralement la forme de l’oraison mentale, ou de la lectio divina.

   Comment dire cette prière du matin et du soir ? L’idéal est d’avoir un coin-prière dans la maison ou dans sa chambre. Peut-on prier au lit ? La réponse est assez évidente : ce n’est pas l’idéal, surtout si l’on est dans une position propice au sommeil, mais c’est évidemment mieux que rien. Il faudrait privilégier tout de même dans ce cas la position assise. Il faut toujours veiller à prier avec « respect, attention et dévotion », comme le demandait une belle prière de l’Eglise avant de réciter l’office Divin.

   Les obstacles et dangers sur ce chemin de la prière sont hélas nombreux. L’habitude contraire déjà ! C’est un poids qu’on n’imagine pas. « Je n’ai jamais fait ma prière du matin jusqu’à présent, ce n’est pas maintenant que je vais commencer ! ». C’est le démon de la paresse qui se glisse de façon subtile, pour nous faire renoncer à cette prière, sous différents prétextes, ou pour nous la faire remettre à plus tard. En rapport avec ce poids de l’habitude contraire, se présente aussi la peur du « qu’en dira-t-on ? », qui paralyse même au sein de la famille, même au sein du couple. Le lâche respect humain dont on n’est pas fier en confession.

   Autre obstacle qui risque de nous barrer la route d’une vraie vie spirituelle : notre superficialité. Lorsque nous mettons dans une balance sur un plateau la télévision, l’ordinateur, le travail, les sorties, la famille, le repos, et sur l’autre plateau l’impérieuse nécessité de la prière, voyons où penche habituellement la balance… Il est à craindre qu’elle penche rarement du côté de la prière. C’est le moment de relire pour nous la parabole du semeur. Et ne nous prenons pas toujours pour la bonne terre ! Autre obstacle : notre orgueil, qui nous empêche de reconnaître nos errements, nos négligences…

  Il n’est pas humiliant de reconnaître devant Dieu sa misère, puisqu’Il veut nous en relever. Mais il est stupide de s’enfermer dans cette misère, de s’accrocher à nos lâchetés, et il sera plus qu’humiliant de ne les reconnaître qu’au jour du jugement devant le tribunal de Dieu et toute la cour céleste.

  Proche de l’orgueil est l’illusion qui nous guette. Elle voudrait nous faire croire qu’une vie honnête suffit. Si les exemples existent de braves gens et même de grands pécheurs sauvés in extremis des flammes de l’enfer par la miséricorde de Dieu, les prières d’un parent ou de proches, un « je vous salue Marie » qu’ils ont récité chaque jour malgré les désordres de leur vie, etc. n’oublions pas qu’ils ont éprouvé un sincère regret d’avoir vécu loin de Dieu et de son Amour, dans l’indifférence ou la haine. Ce n’est que moyennant ce regret sincère qu’ils ont pu mériter le pardon. Mais celui qui vit dans la tiédeur et qui meurt dans la tiédeur sans se repentir, Dieu nous avertit qu’Il le vomissait de sa bouche (cf. Apocalypse 3, 16). Ne prenons donc pas pour une solution acceptable ce qui est une négligence coupable.

  Les remèdes existent heureusement pour nous tirer vers le haut. Citons brièvement quelques uns qui sont mis à notre disposition : la retraite REGULIERE (cinq jours, disait Marthe ROBIN). Les moines eux-mêmes en éprouvent le besoin. Nous en avons au moins autant besoin qu’eux. Les propositions sont nombreuses, mais pour beaucoup une retraite selon les exercices spirituels de saint Ignace marquera le début d’une vie nouvelle. Autre remède : la confession fréquente et la direction spirituelle, en mettant en lumière notre vie de prière, ses difficultés, mais aussi ses joies, nos résolutions, nos désirs, nos projets. Ne négligeons pas enfin la lecture des maîtres spirituels, d’abord ceux que l’Eglise recommande particulièrement (les Docteurs de l’Eglise en premier lieu), ensuite tous ceux qui peuvent nous aider et dont la doctrine est sûre. L’essentiel dans ce domaine n’est pas d’accumuler les lectures jusqu’à l’indigestion, mais de les assimiler, de le ruminer, et d’y revenir si elles nous ont nourris substantiellement.

  Enfin, pour terminer, n’oublions pas de prier le Seigneur, comme les apôtres : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Luc 11, 1).


Abbé Hugues de MONTJOYE

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