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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:53

 

 


Notre Saint-Père le pape Benoit XVI indique clairement dans son message pour le carême 2012 cette forme de charité fraternelle comme une pratique à redécouvrir et à mettre en œuvre. Néanmoins, de quoi s’agit-il ? Devrais-je « corriger », c’est-à-dire « frapper » mon prochain ? Non, bien entendu. Il ne s’agit pas de tancer physiquement mais bien plutôt de reprendre humblement et charitablement son prochain lorsqu’on le voit tomber dans le péché.

Pourquoi ? Par amour. C’est parce que j’aime mon prochain comme moi-même[4] que je suis triste de la voir s’autodétruire[5] par le péché, et donc que je réagis pour l’aider à prendre conscience de son mal et l’encourager à se convertir. C’est parce que je suis lié à mon prochain spirituellement dans la communion des saints de toute l’Eglise que je vais me préoccuper activement du salut de l’âme de mon frère.

Après avoir tué son frère Abel, Caïn a le toupet de demander au Seigneur : « suis-je le gardien de mon frère ? [6]» A sa plus grande surprise la réponse divine est affirmative : oui, tu es responsable aussi de la vie et du salut de ton frère. Il te sera demandé compte du salut de ton frère. Pour nous qui vivons dans une société profondément individualiste, il nous est bon de méditer cet exemple de l’Ancienne Alliance.

A l’inverse, voir son frère succomber à la tentation en tombant dans le péché et ne rien faire pour lui venir en aide est une preuve de non-amour. C’est un manque à la charité fraternelle. Se taire devant le mal commis peut même être une forme de complicité. Car « qui ne dit mot, consent ». Nous pouvons parfois avoir « le devoir de parler ». En toute justice. Puisque le minimum de la charité c’est la justice. Là où il n’y a pas de justice, il n’y a pas de charité.

Mais alors comment faire ? Comment admonester de façon juste mon prochain qui est  pécheur comme moi ?

Notre-Seigneur Lui-même nous donne lui-même le précieux « mode d’emploi » : « Si ton frère a péché contre toi, va reprends-le entre toi et lui seul ; s'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends avec toi encore une ou deux personnes, afin que toute chose se décide sur la parole de deux ou trois témoins. S'il ne les écoute pas, dis-le à l'Eglise ; et s'il n'écoute pas même l'Eglise, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain » Mt 18, 15-17.

Et si mon frère ne m’écoute pas ? Dans l’Evangile, Jésus indique une graduation : tout d’abord, retourner lui parler avec deux ou trois personnes, pour l’aider à mieux se rendre compte de ce qu’il a fait ; si malgré cela il repousse encore cette observation, il faut le dire à la communauté ; et s’il n’écoute pas non plus la communauté, il faut lui faire percevoir la séparation qu’il a lui-même provoquée en se séparant de la communion de l’Eglise.

Si nous allons tout de suite parler à des tiers du mal fait volontairement par notre prochain, avant même d’en parler avec l’intéressé, il ne s’agit pas de correction fraternelle mais de médisance. Nous nuisons gravement à la réputation de notre prochain, et nous tombons nous-même dans le péché.

Aller parler d’abord avec le coupable demande un certain courage, et pour que la remarque soit acceptée, il faut prendre garde à ne pas s’élever dans son cœur par l’orgueil. C’est cette attitude d’humilité intérieure que Jésus veut souligner lorsqu’il nous rappelle de faire attention à la poutre qui est dans notre œil avant de s’occuper de la paille qui est dans l’œil de notre prochain (cf. Lc 6, 41). Cet appel étant entendu, nous pouvons humblement aider notre prochain. Au fond, nous sommes appelés à faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous. Mais que la conscience d’avoir une  poutre dans notre œil, ne nous retienne pas d’exercer la charité de la correction fraternelle. Plus nous aurons conscience de notre propre faiblesse et plus nous serons capables de redresser efficacement le cœur de notre prochain.

Il s’agit au fond d’imiter les dispositions du Seigneur à notre égard. Dieu ne nous condamne pas, mais il ne se fait jamais complice du péché. Comme à la femme adultère le Seigneur nous dit : « Moi non plus je ne te condamne pas, va et ne pèche plus ». Pour reprendre charitablement et humblement notre prochain, il nous faut, par la grâce de Dieu, avoir ces mêmes sentiments dans le cœur. Reprendre mais ne pas juger, ne pas condamner.

« La tradition de l’Église a compté parmi les œuvres de miséricorde spirituelle celle d’« admonester les pécheurs ». Il est important de récupérer cette dimension de la charité chrétienne. Il ne faut pas se taire face au mal. Je pense ici à l’attitude de ces chrétiens qui, par respect humain ou par simple commodité, s’adaptent à la mentalité commune au lieu de mettre en garde leurs frères contre des manières de penser et d’agir qui sont contraires à la vérité, et ne suivent pas le chemin du bien. Toutefois le reproche chrétien n’est jamais fait dans un esprit de condamnation ou de récrimination. Il est toujours animé par l’amour et par la miséricorde et il naît de la véritable sollicitude pour le bien du frère. L’apôtre Paul affirme : « Dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien, toi aussi être tenté » (Ga 6, 1) »[7].

Ainsi pendant ce Carême 2012, « « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » He 10, 24.

 

abbé Laurent Spriet +




[1]              Cf. Rm 3, 25 et 1 Jn 2, 2 « Il est lui-même une victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier ».

 

[2]                      Canon 3 : « Si quelqu'un dit que le sacrifice de la messe n'est qu'un sacrifice de louange et d'action de grâces, ou simple commémoration du sacrifice accompli sur la croix, mais n'est pas un sacrifice propitiatoire ; ou qu'il n'est profitable qu'à celui-là seul qui reçoit le Christ et qu'il ne doit pas être offert pour les vivants et les morts, ni pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités : qu'il soit anathème ».

 

[3]              « Que le Seigneur Dieu tout-puissant reçoive ce sacrifice, de votre bouche et de vos mains, pour le bien de sa sainte Eglise, le salut de tout le peuple chrétien et le soulagement de tous les fidèles défunts ».

 

[4]              Rm 13, 8-10 : « Ne soyez en dette avec personne, si ce n'est de l'amour mutuel ; car celui qui aime son prochain a accompli la loi. En effet, ces commandements : "Tu ne commettras pas d'adultère ; tu ne tueras pas ; tu ne déroberas pas ; tu ne diras pas de faux témoignage ; tu ne convoiteras pas, " et ceux qu'on pourrait citer encore, se résument dans cette parole : " Tu aimeras ton prochain comme toi-même. " L'amour ne fait pas de mal au prochain ; l'amour est donc la plénitude de la loi ».

 

[5]              Saint Augustin commente : « Il t'a offensé, et en t’offensant il s'est fait une profonde blessure : tu n'as aucun souci de la blessure de ton frère ? (…) Oublie donc l'injure qui t'est faite, mais non pas la blessure dont souffre ton frère » (Discours 82, 7).

 

[6]              Cf. Gn 4, 9.

 

[7]

                        [7] Benoit XVI, extrait de son message pour la carême 2012 ?

 

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