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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:57
 


Après avoir mis la goutte d’eau dans le vin du calice, le prêtre se rend au centre devant l’autel. Il présente dans un unique geste d’offrande la patène posée sur le calice, c’est-à-dire le pain et le vin qui deviendront à la consécration le Corps et le Sang du Seigneur. Dans le rite romain, il y a un offertoire du pain puis du vin. Ici une unique offrande conjointe, accompagnée d’une prière très courte mais dont la densité théologique est magnifique : « Voici l’offrande que nous vous présentons : acceptez-la, Dieu tout-puissant, avec bienveillance, et pardonnez les péchés de tous ceux qui vous l’offrent et de ceux pour qui elle vous est offerte ».

L’Eglise a en vue l’oblation de l’unique sacrifice de la croix que la consécration va rendre sacramentellement présente sur l’autel. Le sacrifice de la messe et celui de la croix sont un unique sacrifice. C’est un sacrifice expiatoire et propitiatoire[1]. Le Corps de Jésus est « livré » pour nos péchés, son Sang est « répandu en rémission de nos péchés ». Les protestants nient cette dimension eucharistique pourtant essentielle. Pour défendre la Révélation, « le saint concile [de Trente] enseigne que ce sacrifice est vraiment propitiatoire, et que par lui il se fait que, si nous nous approchons de Dieu avec un cœur sincère et une foi droite, avec crainte et respect, contrits et pénitents, " nous obtenons miséricorde, et nous trouvons la grâce d'un secours opportun " He 4,16. Apaisé par l'oblation de ce sacrifice, le Seigneur, en accordant la grâce et le don de la pénitence, remet les crimes et les péchés, même ceux qui sont énormes. C'est, en effet, une seule et même victime, c'est le même qui, s'offrant maintenant par le ministère des prêtres, s'est offert alors lui-même sur la croix, la manière de s'offrir étant seule différente »[2].

Dans cette prière nous voyons combien le prêtre et les fidèles sont unis dans l’offrande et dans la réception des fruits du sacrifice eucharistique, mais aussi combien l’Eglise recommande les âmes des fidèles défunts à la miséricorde du Seigneur au cœur de la Messe. Nous retrouverons cette idée et cette réalité dans la réponse des fidèles à l’invitation du prêtre (« Orate pro me fratres ») qui précède la « secrète »[3].

Après cette prière unique d’oblation, le prêtre fait le même geste et dit la même prière que dans le rite romain « In spiritu humilitatis et in animo contrito … » qui souligne bien les dispositions intérieures nécessaires pour offrir le saint sacrifice : humilité et contrition.

Vient ensuite (après l’encensement s’il a lieu) le « lavabo » : le lavement des mains en signe d’humilité et de repentir. De même que le prêtre se lave les mains, de même nous avons tous besoin, prêtre et fidèles, de la miséricorde de Dieu. Le prêtre ne dit que deux versets du psaume 25 alors que dans le rite romain il dit tout le psaume.

En revenant au centre de l’autel, dans le rite romano-lyonnais, le prêtre invoque de façon très significative et suggestive la venue de l’Esprit-Saint : « Venez Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour » de charité. Ce sera l’effet de la Communion en nos âmes mais c’est aussi une grâce à demander dès l’offertoire pour avoir la grâce de nous offrir avec le Christ, par le Christ, dans l’Esprit-Saint au Père éternel. Là encore nous voyons une « note johannique » de ce rite romano-lyonnais tant il est vrai que St Jean est très attentif dans son Evangile à la présence et à l’action de l’Esprit-Saint.

Le prêtre s’incline ensuite au centre de l’autel et dit la prière « Suscipe Sancta Trinitas ». Il faut toutefois remarquer que cette version est plus prolixe que celle du rite romain. Il est fait mention de l’Incarnation, de la Nativité du Seigneur, de la Pentecôte, en plus du « Mystère pascal » de sa mort, de sa Résurrection et de son Ascension. En effet, c’est toute la vie du Christ qui est rédemptrice. Même si son sommet est ce que st Jean appelle « l’Heure de Jésus ».

Cette prière souligne le fait que nous n’offrons, en tant que tel, le saint sacrifice qu’à Dieu notre Père. Ceci étant, nous l’offrons aussi pour honorer les saints. En premier lieu la Bienheureuse Marie toujours Vierge mais aussi les saints du calendrier liturgique et ceux dont les reliques sont contenus dans nos autels. Nous sollicitons ainsi leur intercession auprès de Dieu. (Suite le mois prochain)

 

Abbé Laurent Spriet +




[1]              Cf. Rm 3, 25 et 1 Jn 2, 2 « Il est lui-même une victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier ».

 

[2]                      Canon 3 : « Si quelqu'un dit que le sacrifice de la messe n'est qu'un sacrifice de louange et d'action de grâces, ou simple commémoration du sacrifice accompli sur la croix, mais n'est pas un sacrifice propitiatoire ; ou qu'il n'est profitable qu'à celui-là seul qui reçoit le Christ et qu'il ne doit pas être offert pour les vivants et les morts, ni pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités : qu'il soit anathème ».

 

[3]              « Que le Seigneur Dieu tout-puissant reçoive ce sacrifice, de votre bouche et de vos mains, pour le bien de sa sainte Eglise, le salut de tout le peuple chrétien et le soulagement de tous les fidèles défunts ».

 

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