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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 15:33

Resurrectit sicut dixit, Alleluia

 

N’est-ce pas paradoxal de lier la gloire et la Croix ? : « Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui a donné sur toute créature, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés » (Jn.16,1-2). Or le Christ, nous dit saint Paul « aux jours de sa vie mortelle, offrit prières et supplications accompagnées d’un grand cri et de larmes à Celui qui pouvait le sauver de la mort » (He.5,7). Telle est la folie du mystère pascal.

Et n’est-ce pas encore plus fou de vouloir le vivre par la foi dans la liturgie ?

Il n’est pas dans la nature de l’homme «d’aimer la croix», dit l’Imitation de Jésus-Christ (II.22,9). La souffrance est un mal détestable qui fait peur, car la souffrance est dans l’âme : « Le corps ne peut souffrir que si l’âme souffre » note Thomas d’Aquin (S.T. Ia. IIae,22,1). C’est notre âme qui peut souffrir et faire souffrir le corps qu’elle anime. En même temps, cette âme aspire à la vie immortelle, ou au contraire désespère de toute vie.

Dans le sermon sur la montagne, la béatitude ultime est liée aux persécutions. L’Eglise sait que les meilleurs témoins, imitateurs de Jésus sont les martyrs. De la jeune martyre de Lyon, Blandine, il est écrit qu’«Elle était heureuse et enthousiaste de son prochain départ, comme une invitée qui se rend à un festin de noces, plutôt qu’une victime jetée aux fauves ».

L’apôtre que Jésus aimait, qui posa sa tête sur le coeur du Christ lors de la première messe au Cénacle, nous dit : «la victoire sur le monde, c’est notre foi !», l’Apôtre des nations, qui fût tant persécuté, affirme : « si Dieu est avec moi, qui peut-être contre moi… ? ». «La figure de ce monde passe », nous comprenons avec plus de clarté en ces fêtes de Pâques que le successeur de saint Pierre puisse, encore et toujours, nous inviter : «Entrez dans l’espérance !» 

La question qu’il faut nous poser avant de chanter l’Alleluia pascal est : «Suis-je heureux et enthousiaste à l’approche de ces fêtes de Pâques, où je vis et anticipe la certitude que mes croix, mes souffrances et ma mort sont le chemin, la porte vers la béatitude éternelle, la résurrection ? »

Suis-je heureux de m’approcher souvent du sacrement de la joie du pardon, de l’auguste sacrement de l’Eucharistie ?

Suis-je heureux de prendre du temps pour parler avec mon Père, pour reposer mon coeur sur le côté du Christ, pour ouvrir la porte de mon âme à l’Esprit saint ?

Suis-je heureux de faire les stations du chemin de la croix ?

Suis-je heureux de mourir au péché et ressusciter avec le Christ, en disant comme l’Apôtre : « pour moi, vivre, c’est le Christ » ?

Dans cette foi vive, espérance invincible et charité qui ne passera jamais, vivons de très saintes fêtes de Pâques.

Avec l’assurance de nos prières.

Abbé Tancrède Leroux, recteur

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12 mars 2009 4 12 /03 /mars /2009 16:25

Au sujet de la levée de l'excommunication des 4 évêques consacrés par l'Archevêque Lefèbvre


Le 12 mars 2009  - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Le Vatican publie ce matin la Lettre de Sa Sainteté le pape Benoît XVI aux Évêques de l'Église Catholique en ce qui concerne la levée de l'excommunication des 4 évêques consacrés par l'Archevêque Lefebvre.

Chers Confrères dans le ministère épiscopal !

La levée de l’excommunication des quatre Évêques, consacrés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l’Église catholique une discussion d’une véhémence telle qu’on n’en avait plus connue depuis très longtemps. Cet événement, survenu à l’improviste et difficile à situer positivement dans les questions et dans les tâches de l’Église d’aujourd’hui, a laissé perplexes de nombreux Évêques. Même si beaucoup d’Évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la question de l’opportunité d’un tel geste face aux vraies urgences d’une vie de foi à notre époque s’y opposait. Inversement, certains groupes accusaient ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d’avant le Concile : d’où le déchaînement d’un flot de protestations, dont l’amertume révélait des blessures remontant au-delà de l’instant présent. C’est pourquoi je suis amené, chers Confrères, à vous fournir quelques éclaircissements, qui doivent aider à comprendre les intentions qui m’ont guidé moi-même ainsi que les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J’espère contribuer ainsi à la paix dans l’Église.

Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de l’excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste discret de miséricorde envers quatre Évêques, ordonnés validement mais non légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent : comme le démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le cheminement de l’Église. Une invitation à la réconciliation avec un groupe ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile – pas dont le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon travail théologique personnel. Que cette superposition de deux processus opposés soit advenue et qu’elle ait troublé un moment la paix entre chrétiens et juifs ainsi que la paix à l’intérieur de l’Église, est une chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’information. J’ai été peiné du fait que même des catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu’il en était, aient pensé devoir m’offenser avec une hostilité prête à se manifester. C’est justement pour cela que je remercie d’autant plus les amis juifs qui ont aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l’atmosphère d’amitié et de confiance, qui – comme du temps du Pape Jean-Paul II – comme aussi durant toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à exister.

Une autre erreur, qui m’attriste sincèrement, réside dans le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n’ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication. L’excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d’un schisme, parce qu’elle remet en question l’unité du collège épiscopal avec le Pape. C’est pourquoi l’Église doit réagir par la punition la plus dure, l’excommunication, dans le but d’appeler les personnes punies de cette façon au repentir et au retour à l’unité. Vingt ans après les ordinations, cet objectif n’a malheureusement pas encore été atteint. La levée de l’excommunication vise le même but auquel sert la punition : inviter encore une fois les quatre Évêques au retour. Ce geste était possible une fois que les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de son autorité de Pasteur, bien qu’avec des réserves en matière d’obéissance à son autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la distinction entre personne et institution. La levée de l’excommunication était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique : les personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité Saint-Pie X n’ait pas de position canonique dans l’Église, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres non plus n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église.

À la lumière de cette situation, j’ai l’intention de rattacher à l’avenir la Commission pontificale " Ecclesia Dei " – institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape – à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et l’Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l’engagement des Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de l’Épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l’arbre vit.

J’espère, chers Confrères, qu’ainsi a été éclaircie la signification positive ainsi que les limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la question : cette mesure était-elle nécessaire ? Constituait-elle vraiment une priorité ? N’y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes ? Il y a certainement des choses plus importantes et plus urgentes. Je pense avoir souligné les priorités de mon Pontificat dans les discours que j’ai prononcés à son début. Ce que j’ai dit alors demeure de façon inaltérée ma ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle : « Toi… affermis tes frères » (Lc 22, 32). Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première Lettre : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous » (I P 3, 15). À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour poussé jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1) – en Jésus Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein.

Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à cœur l’unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition interne met en doute la crédibilité de ce qu’ils disent de Dieu. C’est pourquoi l’effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens – par l’œcuménisme – est inclus dans la priorité suprême. À cela s’ajoute la nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la Lumière – c’est là le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour "jusqu’au bout" doit donner le témoignage de l’amour : se consacrer avec amour à ceux qui souffrent, repousser la haine et l’inimitié – c’est la dimension sociale de la foi chrétienne, dont j’ai parlé dans l’encyclique Deus Caritas est.

Si donc l’engagement ardu pour la foi, pour l’espérance et pour l’amour dans le monde constitue en ce moment (et, dans des formes diverses, toujours) la vraie priorité pour l’Église, alors les réconciliations petites et grandes en font aussi partie. Que l’humble geste d’une main tendue soit à l’origine d’un grand tapage, devenant ainsi le contraire d’une réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant je demande : Était-il et est-il vraiment erroné d’aller dans ce cas aussi à la rencontre du frère qui "a quelque chose contre toi" (cf. Mt 5, 23 s.) et de chercher la réconciliation ? La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir les radicalisations et de réintégrer – autant que possible – leurs éventuels adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences ? Le fait de s’engager à réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une place à ce qu’il y a de positif et de récupérable pour l’ensemble, peut-il être totalement erroné ? Moi-même j’ai vu, dans les années qui ont suivi 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Église commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des durcissements de sorte qu’ensuite en ont émergé des forces positives pour l’ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères, 164 sœurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser totalement indifférents ? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne pouvons pas connaître l’enchevêtrement de leurs motivations. Je pense toutefois qu’ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n’y avait pas eu l’amour pour le Christ et la volonté de L’annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d’un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l’unité ? Qu’en sera-t-il ensuite ?

Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté beaucoup de choses discordantes – suffisance et présomption, fixation sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j’ai reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels était perceptible une ouverture des cœurs. Mais la grande Église ne devrait-elle pas se permettre d’être aussi généreuse, consciente de la grande envergure qu’elle possède ; consciente de la promesse qui lui a été faite ? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et nous préoccuper de sortir des étroitesses ? Et ne devrions-nous pas admettre que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ? Parfois on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine. Et si quelqu’un ose s’en rapprocher – dans le cas présent le Pape – il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être traité avec haine sans crainte ni réserve.

Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent : "Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres !" (cfr. Benoît XVI au grand Séminaire de Rome, magistrale Lectio divina sur la liberté). J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce "mordre et dévorer" existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates ? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté ? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour ? Le jour où j’en ai parlé au grand Séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge de la Confiance. De fait : Marie nous enseigne la confiance. Elle nous conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera – même en des temps agités. Je voudrais ainsi remercier de tout cœur tous ces nombreux Évêques, qui en cette période m’ont donné des signes émouvants de confiance et d’affection et surtout m’ont assuré de leur prière. Ce remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m’ont donné un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de saint Pierre. Que le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix ! C’est un souhait qui jaillit spontanément du cœur en ce début du Carême, qui est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée vers l’objectif lumineux de Pâques.

Avec une particulière Bénédiction Apostolique, je me redis Vôtre dans le Seigneur.


BENEDICTUS PP. XVI, Du Vatican, le 10 mars 2009.
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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 00:00

Un entraînement spirituel intense !

 Le saint temps du carême nous invite à une œuvre de conversion. Trois œuvres extérieures, la prière, le jeûne et l’aumône résument ce chemin de conversion. En ce carême 2009 le pape Benoît XVI insiste sur le jeûne !  Cet entraînement spirituel intense, ce re-tournement doit être en premier lieu intérieur. « Venez à l’écart et reposez-vous », nous dit Notre Seigneur dans l’évangile. Le Maître nous pousse à nettoyer, rénover le sanctuaire de notre âme. Mais quel est le but de l’édification, de la construction de ce «château intérieur» ? Il est de mettre en lumière les miséricordes de Dieu, nous dit la grande Thérèse d’Avila !

Pour Saul de Tarse, sa conversion ou plutôt son illumination a été radicale sur la route de Damas : il est passé des ténèbres à la lumière afin de nous apprendre à connaître la gloire de Dieu sur le visage du Christ, sur le visage des membres du Christ que Saul persécutait, sur le visage des plus pauvres des pauvres disait Mère Teresa… et en notre âme qui doit être humble, être pauvre pour apprendre à contempler les miséricordes de Dieu.

Les Actes nous disent que Paul fût aveugle pendant trois jours, après avoir été ébloui, transfiguré par la lumière du Christ. Il a été appelé à la pauvreté lui qui se voulait fort, il appris à voir sa faiblesse en face de Dieu : « C’est quand je suis faible, que je suis fort ! », fort de la grâce de Dieu qui me presse : « relèves-toi… tiens-toi debout… vas…» ! Il nous faut, sur les traces de l’Apôtre, entrer en ce carême comme des pèlerins, des serviteurs et témoins de la gratuité de l’amour de Dieu Père. 

Avec saint Paul, nous découvrons le combat spirituel contre les trois dimensions du péché : le péché source ou péché originel ; nos péchés personnels (Gal.5, 19-21 ou Rm.1,28-31) ; et les structures de péché, ce que Jean-Paul II appelle la culture de mort. Comment vaincre en nous le vieil homme, si ce n’est par les paroles des prophètes : Samuel : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute » ; Elie : « Il est vivant le Dieu en présence de qui je me tiens » ; Jean-Baptiste : « Il se tiens au milieu de vous,… voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » ? Comment vivre du Christ, si ce n’est par la Croix et la puissance de sa résurrection ?

Face au mystère d’iniquité, demandons à saint Paul un peu de son zèle, de sa grande liberté intérieur… ; dans ses 14 lettres la solution est évidente : seul l’Esprit Saint peut réaliser cette œuvre en nous, seul l’Esprit du Christ nous donne la vraie liberté des enfants de Dieu.

Alors, chaque jour de carême confions l’Eglise, nos familles, toutes nos œuvres à l’Esprit Saint !

Abbé Tancrède Leroux

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 00:00

MESSES DOMINICALES

Prédications de Carême 2009 à l’occasion de l’Année Saint Paul


1e dimanche de Carême, 1er mars

Abbé Marc-Antoine Dor : « Ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu, par l’Esprit Saint, nous possédons tout » (2. Cor. 6, 1-10) / Tentation au désert (Mt. 4, 1-11)

 

2e dimanche de Carême, 8 mars

Abbé Michel Cacaud : « Dieu ne nous a pas appelés à l’impureté, mais à la sainteté dans le Christ Jésus Notre Seigneur » (I Tes. 4, 1-7) / Transfiguration (Mt. 17, 4-9)

 

 3e dimanche de Carême, 15 mars

Abbé Bruno Gerthoux : « Vous étiez ténèbres, à présent vous êtes lumière dans le Seigneur, or le fruit de la lumière, c’est tout ce qui est bon, juste et vrai » (Eph. 5, 1-9) / Jésus chasse les démons (Lc. 11, 14-28)

 

4e dimanche de Carême, 22 mars

 Abbé Matteo Lo Gioco : « La Jérusalem d’en haut est libre, et c’est notre mère ; et cette liberté c’est le Christ qui nous la donne » (Gal. 4, 22-31) / Multiplications des pains (Jn. 6, 1-15)

 1er dimanche de la Passion, 29 mars

Abbé Gilles Garcia : « Le Christ a paru, grand prêtre des biens à venir…, avec son propre sang, après nous avoir acquis une rédemption éternelle » (Heb. 9, 11-15) / « Avant qu’Abraham fût, je suis » (Jn. 8, 46-59)

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 00:00

La communion ecclésiale

 

"Quel étonnant mystère ! dit  Clément d’Alexandrie, Il y a un seul Père de l’univers, un seul Logos de l’univers et aussi un seul Esprit Saint, partout identique ; il y a aussi une seule vierge devenue mère, et j’aime l’appeler l’Eglise."


Le Catéchisme de l’Eglise Catholique enseigne (n. 814-815) : « Dès l’origine, cette Eglise Une se présente cependant avec une grande diversité qui provient de la variété des dons de Dieu et de la multiplicité des personnes qui les reçoivent ». Mais quels sont les liens de l’unité de ces nombreuses demeures dans la maison du Père ? « Par-dessus tout, c’est la charité, qui est le lien de la perfection (Col 3, 14). Mais l’unité de l’Eglise pérégrinante est assurée aussi par des liens visibles de communion :


* la profession d'une seule foi reçue des Apôtres ;

* la célébration communue du culte divin, surtout des sacrements ;

* la succession apostolique par le sacrement de l'Ordre, maintenant la concorde filiale de la famille de Dieu".

 

La connaissance théologique et la clarté des propos du cardinal Ratzinger, la bienveillance et la primauté de l’enseignement et du gouvernement du Pape Benoît XVI sont trop évidents pour se hasarder à spéculer sur ses décisions - ou pire à les juger. A la suite de ses discours expliquant l’ « herméneutique de la continuité », et non de rupture, pour comprendre le magistère vivant de l’Eglise ; en lien avec le Motu Proprio Summorum Pontificum qui souligne l’enrichissement mutuel des deux formes de l’unique rite romain ; la levée de l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie X vise à « promouvoir l’unité dans la charité ». C’est avec joie et l’intelligence du cœur que nous devons recevoir et comprendre les actes du Souverain Pontife.

 A propos des nombreux commentaires publiés sur ce décret papal du 21 janvier, je me permets de vous livrer mon étonnement. Certains semblent réduire le mystère de l’Eglise à une vision politique : une unité à réaliser entre diverses parties en présence ! Mais peut-on dissocier de l’Eglise une part charismatique qui serait née après Vatican II, ou une part traditionaliste qui refuserait le dernier concile ? Tout charisme a sa source dans l’Eglise et doit être interprété selon l’autorité de l’Eglise, dit saint Paul. Jean-Paul II le Grand précisait, il y a 20 ans, que la notion de "Tradition" ne peut exister hors de l’Eglise. Parler de « Charisme » ou de « Tradition » en opposition avec une Eglise vue comme institution politique, c’est méconnaître le mystère du Corps du Christ, c’est réduire ce mystère qui actualise l’Incarnation du Fils de Dieu à une dialectique !

L’Eglise est substantiellement le signe (au sens de « sacrement ») du Christ ! Il  faut, à l’exemple du grand saint Paul, y contempler le « grand mystère » (Eph 5). Le glaive à double tranchant que porte l’Apôtre des nations, tel le glaive de feu de l’ange gardien au jardin d’Eden, a pour mission de séparer la lumière des ténèbres, le bien du mal. Non seulement dans "le monde" livré au pouvoir de Satan (au sens johannique), mais spécialement dans l’âme humaine, afin de trancher en nous ce qui est du « vieil homme », d’émonder toute imperfection, de discerner en notre conscience, non seulement entre le bien et le mal, mais entre ce qui est bien et ce qui est le meilleur ! Comme le déclare l’archevêque de Paris, « les difficultés qui traversent l’histoire de l’Eglise depuis 2000 ans se règlent par la conversion des cœurs et par le renouvellement de la vie de l’Esprit dans le cœur des chrétiens ».

En cette année Saint-Paul, sous le patronage de l’Apôtre, continuons notre prière pour l’unité des chrétiens, l’unité des catholiques, et offrons nos efforts du Carême, qui commence fin février, pour la paix dans le monde et tout spécialement en Terre Sainte.

En union de prières.             

Abbé Tancrède Leroux, recteur




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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 00:00


Par les pièces et les partitions ainsi indiquées, vous pourrez vous entraîner aux pièces du propre liturgique : ce travail modeste, perfectible, assurément, est destiné à tous, selon la méthode inspirée de la Schola St Grégoire.

Page en cours de réalisation
et disponible pour le
MOIS DE MARS 2009


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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 00:00

Le ‘Sens éternel' du monde


  La «crise mondiale qui touche tant de familles et toute l'humanité entière peut être stimulant pour redécouvrir la chaleur de la simplicité, de l'amitié et de la solidarité, des valeurs propres à Noël» a déclaré le Saint-Père.

  « A Noël, nous ne nous limitons donc pas à commémorer la naissance d'un grand personnage ; nous ne célébrons pas simplement et de façon abstraite le mystère de la naissance de l'homme ou le mystère de la vie en général ; pas plus que nous ne fêtons seulement le début de la nouvelle saison. A Noël, nous rappelons quelque chose de très concret et d'important pour les hommes, quelque chose d'essentiel pour la foi chrétienne, une vérité que saint Jean résume dans ces quelques paroles : ‘Le Verbe s'est fait chair'. Il s'agit d'un événement historique que l'évangéliste Luc se préoccupe de situer dans un contexte bien déterminé : au cours des jours où parut l'édit du premier recensement de César Auguste, lorsque Quirinius était déjà gouverneur de Syrie. C'est donc dans la nuit d'une date historique qu'eut lieu l'événement de salut qu'Israël attendait depuis des siècles ».

  La liturgie de l’Eglise reprend le prophète Isaïe la nuit de Noël : « le Peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière », le pape d’ajouter : « Dans l'obscurité de la nuit de Bethléem s'alluma réellement une grande lumière : le créateur de l'univers s'est incarné, s'unissant de façon indissoluble à la nature humaine, au point d'être réellement ‘Dieu de Dieu, lumière de lumière', et dans le même temps homme, vrai homme ».

  Dans la continuité de son enseignement sur la Parole (Jésus de Nazareth, le discours aux Bernardins, le Synode…), Benoît XVI nous propose une lecture nouvelle du terme le Verbe en soulignant que Dieu redonne sens à la vie de l'homme par son incarnation : « Ce que Jean appelle en grec ho logos - traduit en latin Verbum - ‘le Verbe' - signifie également ‘le Sens'. Nous pourrions donc comprendre ainsi l'expression de Jean : le ‘Sens éternel' du monde est devenu tangible à nos sens et à notre intelligence ; nous pouvons à présent le toucher et le contempler (cf. 1 Jn 1, 1) ».

  Et d'insister sur la proximité de Dieu : « Le ‘Sens' qui s'est fait chair n'est pas simplement une idée générale présente dans le monde ; il s'agit d'une ‘Parole' qui nous est adressée. Le Logos nous connaît, nous appelle, nous guide. Il ne s'agit pas d'une loi universelle, au sein de laquelle nous accomplissons un rôle, mais il s'agit d'une Personne qui s'intéresse à chaque personne: c'est le Fils du Dieu vivant, qui s'est fait homme à Bethléem ».

  « A beaucoup hommes, et d'une certaine façon à nous tous, cela semble trop beau pour être vrai. En effet, on nous répète ici : oui, il existe un sens, et le sens n'est pas une protestation impuissante contre l'absurde. Le Sens a un pouvoir : c'est Dieu. Un Dieu bon qui ne doit pas être confondu avec un quelconque être très-haut et lointain, auquel il ne nous serait jamais donné d'arriver, mais un Dieu qui s'est fait notre prochain et qui est très proche de nous, qui a du temps pour chacun de nous et qui est  venu pour demeurer avec nous ».

  La petitesse de l'enfant est capable de faire fondre l'orgueil, souligne Benoît XVI « Et alors,   nous nous demandons spontanément : ‘Une telle chose est-elle possible ? Est-ce digne de Dieu de se faire enfant ?' Pour tenter d'ouvrir le cœur à cette vérité qui illumine l'existence humaine tout entière, il faut plier l'esprit et reconnaître la limite de notre intelligence. Dans la grotte de Bethléem, Dieu se montre à nous comme un humble ‘enfant' pour vaincre notre orgueil ».

  Libéré de l'orgueil, alors l'homme peut aimer : « Peut-être nous serions-nous inclinés plus facilement devant la puissance, devant la sagesse ; mais Lui ne veut pas que nous nous inclinions ; il fait au contraire appel à notre cœur et à notre libre choix d'accepter son amour. Il s'est fait petit pour nous libérer de cette prétention humaine de grandeur qui jaillit de l'orgueil ; il s'est incarné librement pour nous rendre véritablement libres, libres de l'aimer ».

  Nous vous souhaitons de très saintes fêtes de la Nativité, avec tous nos vœux de bonne et sainte année 2009 et l’assurance de nos prières à vos intentions.


  Les abbés de Saint-Georges




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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 12:30
Les prêtres de la Communauté Saint-Georges
souhaitent
à tous leurs fidèles
un heureux et saint temps de Noël !





© Crédit photographique pour toutes les images de ce diaporama :
Ferruccio Nuzzo



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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 12:00
PUER NATUS EST !

Messe de Noël
25 décembre 2008
Eglise Saint-Georges




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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 00:10

« La nuit est avancée, le jour est proche »


  L’Avent nous ouvre les portes d’une nouvelle année liturgique.

  Comment saint Paul, ou plutôt Saul de Tarse, a t-il vécu l’Avent historique ? Sans doute avait-il une attente à la fois très scripturaire et politique du Messie, une espérance messianique nationale et pharisienne ?

  Devenu une créature nouvelle par sa conversion, un homme nouveau par son baptême, saint Paul sera l’Apôtre des nations païennes. Sa vie toute entière devient une nouvelle attente, un Avent, à la fois liturgique et quotidien, de « la gloire à venir » - Avent futur du retour, de la parousie du Christ Roi.

  En son deuxième chapitre de L’esprit de la liturgie, le cardinal Ratzinger soulignait que la liturgie englobe le cosmos et l’histoire ! Ce que les ères de l’Eglise appellent la re-création, à la suite de l’Apôtre : « J'estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise à la vanité, - non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise, avec l'espérance  qu'elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu.  Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement. Et ce n'est pas elle seulement ; mais nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l'adoption, la rédemption de notre corps. Car c'est en espérance que nous sommes sauvés » (Rm 8, 18-24).

  Comment devons-nous, sur les pas de saint Paul, vivre l’année liturgique ? Comme offrande quotidienne et participation de chaque instant, à travers le cosmos et notre histoire personnelle, de notre vocation unique ou prédestination : « Car ceux qu’il a connus d'avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. Et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » (Rm 8, 29-30).

  L’expérience le confirme, l’homme ne parvient pas par ses propres moyens à retrouver le chemin vers Dieu. Le chemin vers Dieu est le Logos, La Parole, le Verbe fait Homme, le Messie promis et attendu présent dans l’Eucharistie, donné dans la liturgie.

  Outre l’espérance invincible de saint Paul, que la grande figure du Baptiste et la maternelle protection de l’Immaculée Conception nous guident en ce chemin d’Avent.

  Avec l’assurance de nos prières à vos intentions.


  Abbé Tancrède Leroux, recteur


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