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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 00:10
« Ceux qui vivent, ne vivent plus pour eux-mêmes,
mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » (II cor.5,15)


Par excellence, les fêtes pascales que la liturgie nous fait revivre réalisent le mystère chrétien, le mystère de chaque chrétien, notre mystère !

La gloire du dimanche des Rameaux, l’institution de l’Eucharistie, la passion et la résurrection, tout le Mystère pascal est admirablement signifié par la richesse des rites de la vigile pascale. « Création, histoire et culte se trouvent liés : la Création attend l’alliance et l’alliance, de son côté, accomplit la Création, tout en l’accompagnant. Et si le culte, bien compris, est l’âme de l’alliance, cela implique qu’il ne sauve pas l’homme seulement, mais entraîne toute la réalité dans la communion avec Dieu », notait le cardinal Ratzinger dans L’esprit de la liturgie. Comment se concrétise cette reprise de la Création après le péché originel ? Par la notion de sacrifice. Le sacrifice est une offrande faite à Dieu pour expier le péché, mais comment cela sert-il la gloire de Dieu ? Quelle joie Dieu en retire t-il ? Aussi faut-il que l’aspect sacrificiel implique un réel retour à Dieu, une communion avec Dieu. Cela, seul le sacrifice du Fils de Dieu pouvait le permettre, par sa mort et sa résurrection - ce que saint Irénée de Lyon appelle la « re-création ».

Pourquoi la croix est-elle beaucoup plus instructive que tous les livres du monde ? Parce qu’elle montre la plus grande forme d’amour poussé jusqu’à l’offrande totale de soi.

Exultet… Haec nox est… « Voici la nuit où tous ceux, qui aujourd’hui dans l’univers entier croient au Christ, sont arrachés à la corruption du monde et aux ténèbres du péché, où ils retrouvent la grâce et sont admis dans la société des saints ».

Telle est l’admirable rénovation que réalise le baptême, tant par la réception du sacrement que reçoivent les catéchumènes, que par le renouvellement des promesses du baptême dans la proclamation de foi en cette nuit de la Résurrection. Ce mystère pascal, il faut le vivre avec foi et raison, deux termes souvent cités par Benoît XVI.

Dans l’encyclique Spe salvi (« sauvés par l’espérance »), le pape remet en lumière le véritable sens de l’histoire, qui ne peut faire l’économie de passer par le mystère de la croix.

La création ne peut se réduire au monde matériel, la société au matérialisme, la vie à la fuite de la souffrance et de la mort… Pour être sauvé par l’espérance, l’homme doit expérimenter, faire sien à la suite du Christ, le mystère pascal. L’homme moderne doit plus que jamais recentrer, à l’exemple de l’Eglise, sa vie intérieure, sa vie théologale sur les sacrements de la foi. C’est pourquoi, citant l’épître aux Hébreux, le Saint Père dit que « la foi est une espérance » !

En cette année jubilaire, demandons à Notre Dame de Lourdes de nous initier (au sens de : nous faire vivre des sacrements de l’initiation : baptême, confirmation et eucharistie) au mystère pascal. Prions pour tous les catéchumènes du monde entier et plus spécialement ceux de notre diocèse, particulièrement celle qui sera baptisée en notre communauté.

Saint temps de la Passion et joyeuses fêtes de Pâques.



Abbé Tancrède Leroux, recteur
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 19:33
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PAX IN LUMINE

Dom-G-rard-02.png

Ce jeudi 28 février 2008

Nous apprenons avec tristesse le décès de Dom Gérard  Calvet,  O.S.B, moine, fondateur et premier Père Abbé de l'Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux.

Messe des funérailles le lundi 3 mars 2008 à 10 h 00.

DomGerard-03.png

La Communauté Saint-Georges adresse à tous, moines et moniales, ses sincères condoléances.


Obs-ques-Dom-G-rard.jpg
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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 00:01
Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant (Ps. 42)

« Foi, raison et joie »

« La raison et la foi ont besoin l’une de l’autre » a déclaré en janvier le pape aux évêques de Slovénie. « La sécularisation occidentale, différente et peut-être plus rusée que la sécularisation marxiste, présente des signes qui ne peuvent pas ne pas nous préoccuper. Que l'on pense, par exemple, à la recherche effrénée des biens matériels, à la diminution de la natalité, et encore au frein de la pratique religieuse, avec une diminution sensible des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée ». Il nous faut donc « répondre à la culture matérialiste et égoïste par une action d'évangélisation cohérente, qui parte des paroisses ».
La tentation originelle du fruit de l’arbre de vie ne fut-elle pas la tentation gnostique du Salut par la simple connaissance, en se coupant de la vie donnée par un Dieu qui est Amour ? Les discours et encycliques de Benoît XVI nous avertissent : l’idéologie du progrès, de la science, de la sécularisation… mènent à la culture de mort. A l’inverse, la prière, l’agir, la souffrance et le jugement sont des « lieux d’apprentissage et d’exercice de l’espérance » (Spe salvi 32-48).

Notre entrée en Carême doit être une redécouverte ou un approfondissement de ces lieux d’apprentissage de l’espérance !
Pourquoi prier avec insistance, se mortifier, jeûner et faire l’aumône, si ce n’est, au de-là des biens corporels et matériels, pour vivre la joie de l’espérance du Christ ? Se saisir un peu plus de la vérité, de l’amour de Dieu ?
Il y a peu, dans son discours à la plus grande université de Rome, la Sapienza, le pape, citant saint Augustin, rappelait que sans la connaissance pratique, la simple connaissance théorique rend triste ou dessèche. Le christianisme n’est pas que « la dissipation de la brume de la religion mythologique pour laisser place à la découverte de ce Dieu qui est raison créatrice », mais c’est la participation à un Dieu qui est « en même temps raison-amour ».
De même, que serait la foi sans la pratique de cette foi ? Que serait un Carême sans pratiquer un minimum ce combat spirituel contre le vieil homme ?
Le mystère de la croix ne peut être source de joie que si nous vivons du Christ dans l’unité de notre raison et de notre foi !
Le discours envoyé par le pape à la Spienza se termine ainsi : « Qu’est-ce que le pape a à faire et à dire à l’université ? Il ne doit sûrement pas chercher à imposer aux autres la foi sur un mode autoritaire, elle qui ne peut être seulement donnée en liberté. Au-delà de son ministère de Pasteur de l’Église, et sur la base de la nature intrinsèque de son ministère pastoral, il est de sa mission de maintenir éveillée la sensibilité pour la vérité, d’inviter toujours la raison à se mettre à la recherche du vrai, du bien, de Dieu, et, sur ce chemin, de la solliciter à apercevoir les lumières utiles venant de l’histoire de la foi chrétienne et à percevoir ainsi Jésus-Christ comme la Lumière qui illumine l’histoire et l’aide à trouver la voie vers le futur. »
Cette sensibilité pour la vérité qu’il faut éveiller dans la raison peut paraître bien peu de chose face à une foi vive. Mais aidée de la foi et de la prière, ne peut-elle devenir, au sens fort, une écoute de la Parole de Dieu, de l’Esprit Saint, à l’image du disciple de saint Bernard qui tend l’oreille de son âme ?
Notre Carême est à la fois un temps de vigilance face aux tentations, et plus encore de progrès, de discernement spirituel.
Pour nos proches et tous ceux qui n’ont en ce monde aucune espérance surnaturelle, n’y a t-il pas dans les propos de Benoît XVI un véritable défi missionnaire ? Les âmes ont soif d’infini, d’un Dieu que parfois leur raison ignore ou rejette : en sont témoins les veillées de prière, de pardon, de miséricorde qui fleurissent en Carême dans le désert spirituel de la société matérialiste.
Que faire après une bonne confession au début du Carême ? Puisons dans l’oraison, dans l’adoration eucharistique, à la sainte messe, au long du chemin de Croix... la lumière et la force de l’Esprit du Christ.
Que Marie, Notre-Dame de Lourdes, l’Immaculée Conception, nous aide à vivre et témoigner de l’Evangile de la Vie.

Abbé Tancrède Leroux, recteur
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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 00:01

«Famille humaine, communauté de paix»

Ce 1er janvier 2008, pour la 41e Journée mondiale pour la Paix, le pape rappelle que la famille est « la première et irremplaçable éducatrice à la paix », le « prototype de tout ordre social » : « la famille naturelle constitue le lieu premier d’humanisation de la personne et de la société, le berceau de la vie et de l’amour ».
Le 8 décembre dernier, après la belle montée aux flambeaux, le fraternel accueil du recteur de Notre-Dame de Fourvière et la bénédiction donnée par Benoît XVI (en lien avec les 150 ans des apparitions de Lourdes), nous avons confié notre communauté et nos familles à la protection de l’Immaculée.
Notre famille est-elle, selon les mots du Saint-Père, cette « première société naturelle » appelée à « une saine vie familiale », où l’on fait « l’expérience de certaines composantes fondamentales de la paix : la justice et l’amour entre frères et sœurs, la fonction d’autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l’aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l’autre et, si nécessaire, à lui pardonner » ?
Pour Benoît XVI, ce qui affaiblit la famille menace la paix, et inversement, tout ce qui aide la famille consolide la paix sociale, nationale, internationale. « La négation ou même la restriction des droits de la famille, obscurcissant la vérité sur l’homme, menacent les fondements de la paix eux-mêmes ». « Celui qui, même inconsciemment, entrave l’institution familiale rend fragile la paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu’il affaiblit ce qui, de fait, est la principale ‘agence' de paix ». « Chaque homme, chaque peuple est appelé à vivre et à se sentir partie de la Famille humaine conçue par Dieu comme une communauté de paix ! »
Comme le précise le concile Vatican II, ‘Tous les peuples forment, en effet, une seule communauté ; ils ont une seule origine, puisque Dieu a fait habiter toute la race humaine sur la face de la terre' (Nostra aetate, 1, 2). « Si la dignité de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu est déjà révélée à l’homme dans l’Ancien Testament, l’unité du genre humain est parmi les vérités les plus originales du Christianisme ».
C’est en tant qu’il est image, ressemblance, vivant reflet de Dieu que l’homme réalise la tranquillité de l’ordre, c’est à dire la paix : en lui, en sa famille autour de lui… Pour la famille humaine, la sainte Famille est l’exemple de la communauté de paix ! L’Évangile de la Nativité annonce cette paix qui vient de Dieu : « Gloria in excelsis Deo et in terra pax in hominibus bonae voluntatis ! »
Comment traduire : bonae voluntatis ? « Et sur la terre paix aux hommes, objets de sa complaisance » selon la Bible de Jérusalem ; « et, sur terre, paix chez les hommes de bon vouloir » pour Crampon (« sur la terre paix pour ses bien-aimés » selon la T.O.B). Le temps de Noël nous rappelle que nous sommes fils de Dieu dans l’unique Fils de Dieu fait Homme ! Si lors du baptême de Jésus la voix du Père révèle « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j’ai mis mes complaisances », n’est-ce pas pour que nous ayons, dans note conformité au Christ reçue au baptême, une âme, un esprit, un cœur où Dieu mette ses complaisances ?
Soyons bonae voluntatis en ouvrant notre âme à la grâce de filiation divine. En action de grâce, osons dire Pater noster en offrant l’encens de nos prières, l’or de notre charité et la myrrhe de nos efforts. Dans la paix et la joie de la Nativité, nous offrons à toutes les familles nos vœux de sainte nouvelle année.

Abbé Tancrède Leroux, recteur
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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 17:43


Confirmations
, le dimanche 4 mai 2008 à 9 h 30, à l'Eglise St Georges.
Retraite à Triors du 1er au 3 mai 2008.
Merci de passer l’acte de baptême du futur confirmé à l’abbé Leroux.


Profession de Foi, le dimanche 18 mai 2008, à 9 h 30, à l'Eglise St Georges.


Première communion : le dimanche 25 mai 2008, à 9 h 30, à l'Eglise St Georges.

 

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 00:00
"Une charte pour l'Enseignement Catholique"
par Mgr Cattenoz, éd. Parole et Silence

"L’esprit de la liturgie"
par le Card. Ratzinger, éd. Ad Solem


L’Orientation pastorale "Tradition et Magistère vivant" de Mgr F. A. Rifan à son Administration apostolique de Campos (Brésil) est d’un très grand intérêt pour tous. A demander à Monsieur l’Abbé Dor. 



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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 11:43
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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:02

Marie, mystère d’alliance et d’espérance.

En novembre, le mystère de la communion des saints fixait notre regard vers le Ciel : « Le Ciel sera si beau »! L’Avent introduit dans le mystère de l’Alliance de Dieu, en nous faisant méditer non plus la fin dernière de tous les saints, l’avènement eschatologique, mais plutôt l’avènement à la fois historique et liturgique du Fils de la Promesse. La fête du 8 décembre (nous renouvelons notre consécration par l’Immaculée, tandis que s’ouvre l’année jubilaire des 150 ans des apparitions de Lourdes) montre Marie dans le mystère de l’alliance et de l’espérance. Jean-Paul II écrivait dans l’encyclique Redemptoris mater : « La réalité de l’Incarnation trouve son prolongement dans le mystère de l’Eglise-corps du Christ ; et l’on ne peut penser à la réalité même de l’Incarnation sans évoquer Marie, mère du Verbe incarné […] Un double lien unit la Mère de Dieu avec le Christ et avec l’Eglise ». Des prophéties d’Isaïe aux apparitions mariales modernes (celle de l’Ile-Bouchard à quoi fait allusion la neuvaine du 8 décembre 2007), Marie récapitule en elle la Fille de Sion, la Nouvelle Eve, l’Epouse du Cantique des cantiques, la Mère, Vierge de l’Emmanuel, la Femme de l’Apocalypse, la Jérusalem nouvelle…Notre-Dame de toute espérance. Tout homme juste de l’Ancien Testament pouvait dire avec le psalmiste : « De Sion, on dira : tout homme y est né, et c’est le Très-Haut qui la fonda » (Ps 87, 5). L’Evangile dévoile que Sion, la Mère des vivants, c’est Marie. En elle, Mère du Christ et de l’Eglise, nous sommes engendrés à la grâce. Si Dieu a permis que Notre-Dame apparaisse si souvent aux temps modernes, n’est-ce pas pour fortifier l’Eglise ? Si le Magistère vivant de l’Eglise a défini les dogmes de l’Immaculée et de l’Assomption, n’est-ce pas parce que la vraie dévotion mariale nous fait vivre du mystère de l’Alliance au sein de l’Eglise ? Peut-on, sans la dévotion à Marie, comprendre ces affirmations du grand saint Cyprien de Carthage : « On ne peut avoir Dieu pour père quand on n’a pas l’Eglise pour Mère » ou encore « nul ne peut compter sur la grâce de Dieu, son Père, s’il méprise l’Eglise sa mère ». La couverture du bulletin montre le Christ, Verbe de Dieu, dans le sein de Marie, qui purifie du péché originel l’âme de son cousin Jean Baptiste qui est dans le sein d’Elisabeth. Marie et Jean-Baptiste sont les deux grandes figures de l’Avent, de l’Espérance. Marie, l’Immaculée et Jean-Baptiste naît sans péché, sont les premiers spe salvi, sauvés en espérance, pour reprendre le titre de la nouvelle encyclique du Pape. A Notre Seigneur, qui l’invite à renaître d’en-haut, de l’eau et de l’Esprit, Nicodème demande si l’homme étant vieux peut retourner dans le sein de sa mère ? Mais il est vrai que notre « vieil homme » doit se renouveler au cours de l’Avent. Dans le mystère du Christ, Marie n’ouvre-t-elle pas notre cœur au mystère de l’Alliance ? Ne faut-il pas renaître, par la prière et l’espérance, dans le sein de notre Mère, Marie ? Que saint Jean-Baptiste nous guide sur ce chemin de la pauvreté, de l’humilité et de la joie de Noël.

Abbé Tancrède Leroux, recteur

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:01

Entretien, Mgr Cattenoz & abbés Gouyaud et Leroux, La Nef, n° 188 décembre 2007, pp 20-21.

L’Association Totus Tuus

Depuis plusieurs années, j’étais en contact avec des prêtres venant régulièrement dans mon diocèse pour célébrer la messe dans la forme tridentine. L’an dernier, nous étions tous dans l’attente d’un « Motu Proprio » annoncé. Je me demandais comment nous pourrions répondre au désir du Saint-Père à travers ce « Motu Proprio ». Je portais tout cela dans ma prière, demandant à l’Esprit Saint de m’éclairer. Puis, à la demande de plusieurs de ces prêtres, j’ai accepté de passer une journée avec eux. Ensemble nous nous sommes retrempés dans les premiers chapitres des Actes des Apôtres et dans la naissance de la première communauté au souffle de l’Esprit. Je leur ai proposé alors de rédiger une charte à la lumière des quatre piliers de la vie de la première communauté chrétienne : « Ils étaient fidèles à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ».

Dans la confiance nous nous sommes revus de nouveau une journée au début de l’été. En fin d’été, nous avons passé ensemble quelques jours dans les Alpes pour finaliser la charte. Tout était prêt pour se lancer dans cette aventure dans la lumière du « Motu Proprio » qui venait de sortir. Après avoir présenté mon projet à plusieurs évêques français et au Cardinal Castrillon Hoyos, le 16 octobre dernier, date anniversaire de l’élection de Jean-Paul II, j’érigeais officiellement l’Association « Totus Tuus ».

Le but de cette Association est d’apporter aux prêtres qui en feront partie un soutien spirituel et fraternel, mais aussi de leur permettre de s’intégrer de nouveau et pleinement dans la vie du presbyterium de nos diocèses. Attachés, sans exclusive, à la forme extraordinaire de la liturgie de l’Église, ils veulent vivre pleinement dans la lumière du Motu Proprio selon lequel : « les deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvres de l’unique rite romain ». Ils veulent vivre pleinement leur sacerdoce au cœur de nos diocèses sous la conduite de leurs évêques. L’Association devrait à terme permettre de dépasser les tensions et les incompréhensions au cœur même de l’Église entre des gens qui tous se savent membres de l’unique Corps du Christ. Les prêtres membres de l’Association veulent vraiment être dans la charité des artisans de paix et d’unité au cœur de l’Église. A la lumière de la lettre de Jean-Paul II à l’aube du troisième millénaire, ils veulent que nos communautés chrétiennes deviennent d’authentiques écoles de la communion dans la charité.

Le Motu Proprio ne dessaisit aucunement les évêques de leur triple charge d’enseigner, de sanctifier et de conduire le Peuple de Dieu, il les invite au contraire à œuvrer pour que nous retrouvions par delà deux expressions, l’une extraordinaire et l’autre ordinaire de la lex orandi de l’Église une unité toujours plus profonde et plus vraie au cœur de l’Église pour un meilleur service missionnaire au cœur de notre monde d’aujourd’hui.

Lors de notre Assemblée plénière des Évêques de France à Lourdes, nous avons partagé sur la mise en œuvre du Motu Proprio dans nos diocèses. Il se met en place progressivement et paisiblement. Il faudra encore du temps pour que nous apprenions tous, de part et d’autre, à vivre dans la confiance réciproque et nous avons tous à nous convertir pour nous laisser toujours davantage conduire par l’Esprit Saint.

Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon



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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 00:00
"Dépasser les tensions et les incompréhensions."

 

Si certains évêques renâclent face au Motu proprio Summorum Pontificum au point que Rome devrait prochainement publier une « explication » de ce texte, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon, érige dans son diocèse l’association sacerdotale Totus tuus destinée aux prêtres diocésains qui célèbrent selon la forme extraordinaire du rite romain. Entretien avec le modérateur, notre collaborateur l’abbé Christian Gouyaud, curé de la paroisse personnelle de la Croix glorieuse à Strasbourg et avec le secrétaire, l’abbé Tancrède Leroux, recteur de l’église Saint-Georges à Lyon.

 

1) La Nef : Pourquoi avoir créé l’association de prêtres Totus tuus?

Abbé Gouyaud : Encouragées par l'Eglise, les associations sacerdotales «  proposent une règle de vie adaptée et dûment approuvée, et un soutien fraternel qui aident les prêtres à se sanctifier dans l'exercice du ministère ». L'association Totus tuus offre cette règle et ce soutien aux prêtres diocésains « attachés à la "forme extraordinaire de l'unique rite romain" » et engagés dans l'application du Motu proprio Summorum pontificum. Cependant, la Charte de l'Association dépasse ce cadre liturgique. Comme l'a  souligné Mgr Cattenoz, l'option d'une forme liturgique ne suffit pas à fonder une spiritualité sacerdotale. Nous sommes plusieurs à en avoir fait l'expérience.

Abbé Leroux : Les prêtres à l’origine de l’association appartiennent à la « génération Jean-Paul II ». De là, sa devise épiscopale – Totus Tuus - comme nom de l’association et surtout sa piété mariale comme l’un des fondements de notre spiritualité.

 

2) Pourriez-vous nous expliquer quel sera le cheminement pour un jeune garçon ayant une vocation et qui serait intéressé de rejoindre l'association ?

A. L. : L'association n'incardine pas de prêtres. Se former en vue du sacerdoce et rejoindre l'association sont donc deux questions différentes. Cependant nous portons le souci des vocations et des candidats au sacerdoce sont en lien avec l’association. Il n'est peut être pas utile de multiplier les séminaires ? Pourvu que la formation prenne en compte le critère indispensable d'une « herméneutique de la réforme dans la continuité de l'unique sujet-Eglise », concernant l'enseignement depuis Vatican II, des séminaristes peuvent être intégrés dans un séminaire diocésain où l'expression liturgique traditionnelle serait prise en compte et respectée. Aujourd’hui de telles possibilités existent et se mettent en place pour les jeunes attachés à cette liturgie.

 

3) Cette association est-elle un fruit du Motu proprio et en quoi ?

A. G. : Cette association était déjà en chantier avant la promulgation du Motu proprio. Erigée après la publication de ce texte, elle constitue, de la part de Mgr Cattenoz, une réponse positive et originale à ce que souhaite Benoît XVI. Contrairement à ce qui a pu être parfois dit, les évêques n'ont pas perdu la main dans ce dossier : la solution apparente d'un diocèse personnel ou d'une administration apostolique a été écartée, pour ne pas soustraire ce type de ministère à leur juridiction. Il est donc particulièrement heureux que des évêques prennent des initiatives dans ce sens. Deux écueils doivent être évités : l'opposition d'une fin de non recevoir à une telle demande des fidèles ; l'octroi d'un statut « à part » qui marginalise ce type de célébration. Comme je l'ai déjà écrit dans La Nef , en s'adressant principalement aux curés qui accueillent le tout-venant sans sectorisation a priori de leur sollicitude pastorale, Benoît XVI normalise cette forme liturgique par sa dévolution au niveau le plus élémentaire qu'est la paroisse.

 

4) Ne craignez-vous pas de faire concurrence aux instituts Ecclesia Dei ?

T.L. : Le premier impact du Motu proprio devrait être de désenclaver la forme liturgique traditionnelle. A partir de là, il y aura du travail pour tous ceux qui veulent exercer un ministère pastoral en vertu d’une mission reçue par l’évêque du lieu. Nous souhaitons surtout mettre l'accent sur cette cohérence demandée par le Pape de ne pas exclure en pratique de célébrer aussi selon la forme ordinaire dès lors qu'on lui reconnaît d'être valide et sanctifiante, notamment par la concélébration qui est un signe de l'unité du presbyterium autour de l'évêque. L’association sacerdotale, de droit diocésain, n’est pas un institut de droit pontifical. En ce qui nous concerne, nous ne sommes pas du tout dans une logique d’exemption.

 

5) Comment voyez-vous l'avenir liturgique depuis la publication du Motu proprio ? 

C.G. : Benoît XVI entend « parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise ». Les deux formes rituelles peuvent s'enrichir et, à terme, l'avenir est dans la fameuse « réforme de la réforme » qui conservera les aspects positifs de l’une et de l’autre. Les principes essentiels de la Constitution conciliaire sur la liturgie doivent d'ailleurs guider la célébration selon l'ancien missel, comme le recommandait le cardinal Ratzinger lors des 10 ans du Motu proprio Ecclesia Dei. Si, dans la situation présente, il faut mettre un terme aux abus liturgiques, il convient aussi d’éviter « les exagérations [qui] ne manquent pas, ni parfois des aspects sociaux indûment liés à l'attitude de certains fidèles attachés à l'ancienne tradition liturgique latine ». Heureusement, bien des fidèles souhaitent répondre au vœu d'unité ecclésiale et de pacification liturgique du Saint Père.

 

6) Sauf quelques exceptions, les évêques français ne semblent pour le moment pas vouloir profiter du Motu proprio pour établir une véritable paix liturgique et faciliter les souhaits des fidèles attachés aux anciennes formes liturgiques : comment analysez-vous cela ?

T.L. : Des initiatives sont prises ici ou là. Mais, après seulement trois mois, un bilan n'est-il pas prématuré ? Certains comportements revendicatifs ne sont peut-être pas les plus à même d'accréditer des demandes d'application du Motu proprio. De part et d'autre, comme le souligne Benoît XVI dans sa lettre, c'est surtout l'ouverture de cœur qui permettra d'avancer. Collaborateurs de l'évêque et pleinement attachés à la forme extraordinaire du rite romain, les prêtres de l'association  Totus tuus  souhaitent contribuer à dégager cette forme liturgique de certaines problématiques qui, à juste titre, inquiètent les pasteurs. Ils sont reconnaissants aux évêques qui, parfois depuis plusieurs années, à la suite de Jean-Paul II puis de Benoît XVI, ont eu un comportement vraiment paternel pour les fidèles attachés à la forme extraordinaire.
 




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