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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:59

 

·         Editorial de l’Abbé de Montjoye

o   Il faut nous convertir

·         Articles de l’abbé Spriet

o   Rite Romano-Lyonnais : l’offertoire (suite)

o   La correction fraternelle

·         Syrie : le Carême, chemin de paix

·         Services, bonnes volontés : ménage, chorale

·         Dates à retenir

o   A Saint-Georges

o  Vie diocésaine

·         Eglise universelle

o   Message de sa sainteté le pape Benoît XVI pour le carême 2012

·         Annonces diverses

·         Mois de Saint-Joseph

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:58

 

N

ous le savons, bien sûr, le carême est un temps de pénitence, un temps de repentir, un temps d’expiation de nos péchés. La pénitence est là pour nous aider à opérer un retour vers Dieu, cette nécessaire conversion, à laquelle nous cherchons trop souvent à échapper, ou que nous voudrions remettre à demain, à après-demain, et pour certains à l’heure ultime de leur mort (qu’ils imaginent dans ce cas paisible, dans leur lit, en pleine possession de leurs facultés, et curieusement sans douter de la sincérité de leur repentir, condition sine qua non du pardon divin).

Pourquoi tant de fidèles se reprochent-ils, en voyant approcher les fêtes de Pâques, de n’avoir rien fait, ou presque, pour profiter des richesses de ce saint temps ? Le carême devra-t-il se contenter de n’être qu’un mot sans consistance, dont on se souvient tout juste le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint ? A Dieu ne plaise ! Il ne s’agit pas d’imposer des contraintes déraisonnables que l’Eglise n’impose pas, mais de rentrer véritablement dans l’esprit de ce temps, sans refuser la part de générosité, d’efforts, et de persévérance qui nous est demandée.

Les trois piliers du carême sont toujours les mêmes : prière, jeûne et aumône. Le Pape Benoît XVI, dans son message pour le carême 2008 insistait spécialement sur la valeur de l’aumône, comme moyen privilégié pour vivre le détachement chrétien des biens de ce monde et compatir aux besoins des plus nécessiteux. Nous savons combien le matérialisme ambiant peut obscurcir l’œil de notre conscience, et nous pousser à donner plus d’importance aux choses de la terre (surtout les nôtres) qu’à celles du ciel. « Cherchez d’abord le royaume de ce monde, et vous verrez après pour le reste » semble nous dire la voix dominante des médias et des puissants de la terre.

Celui que nous avons fêté le 2 février comme “Lumière des nations” nous dit tout au contraire : « Cherchez d’abord le Royaume des Cieux, et tout les reste vous sera donné par surcroît » (Mt 6,33). Voyons quelle est notre lumière, celle qui guide nos pas, qui éclaire notre intelligence, qui nous aide à discerner le bon grain de l’ivraie. Que penserait-on de ceux qui reprocheraient au soleil de découvrir à leurs yeux les fausses pistes et les précipices ?

Reconnaissons qu’il n’est pas toujours facile à notre nature, blessée par le péché originel, de reconnaître ce qui la rend vraiment libre. Là encore, le Seigneur nous a éclairé : «  La vérité vous rendra libres » (Jn 8,32). Nous ne savons que trop nous opposer aux appels et aux avertissements du Seigneur !

Ecoutons le Bienheureux Columbia MARMION: « En toute âme, trois esprits tendent à la maîtrise. L'esprit de fausseté et de blasphème qui, depuis le commence-ment, suggère toujours le contraire de ce que Dieu souffle à l'oreille. «Si vous mangez de ce fruit, vous mourrez certainement » (Gn 2,17), voilà la parole de Dieu. « Vous ne mourrez pas, d'aucune façon » (Gn 3,4), fut la réponse de Satan. Et toutes ses suggestions ne sont que l'écho de ce premier mensonge. Il y a l'esprit de ce monde, qui nous incline à juger des choses selon les maximes des sens et de la prudence charnelle. « La prudence de ce monde est folie auprès de Dieu » (1 Co 3,19). Il y a l'Esprit de Dieu, nous inspirant toujours d'élever nos cœurs au-dessus de la nature : Sursum corda, de « vivre de la foi » : « Mon juste vit de la foi » (Heb 10,38). Cet Esprit nous incline sans cesse vers une foi simplement aimante, et l'abandon de soi entre les mains de Dieu. Il nous remplit « de paix et de joie dans la croyance », et produit les fruits dont parle saint Paul (cf Ga 5,22). » (Dom MARMION  in : l’Union à Dieu dans le Christ, p. 3-4).

Ainsi, le démon nous convainc de la fausseté des affirmations divines, le monde de leur caractère déraisonnable, mais la foi vive de leur vérité et de leur sagesse.

Revenons au carême. Temps de conversion. Le mot «conversion» fait peur à certains, par le relent de radicalité qu’il véhicule. Mais c’est ignorer la douceur d’appartenir un peu plus au Seigneur, qui est si bon. «  Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur » (Ps 33,9) pourrait être une autre forme d’appel à la conversion, sans rien retirer des efforts qu’elle nécessite. Mais comment goûter Dieu et les choses de Dieu, quand on a la bouche, l’esprit et le cœur pleins des choses de la terre ?

Et là encore, que de méprises sur les efforts à fournir. On s’imagine parfois qu’il faut être un héros, que Dieu viendrait ensuite récompenser en lui accordant sa grâce. Si, ordinairement, Dieu ne fait rien sans nous, dans l’œuvre de notre conversion, d’un autre côté, il faut comprendre que ce n’est jamais à la force du poignet que nous pouvons progresser authentiquement et durablement. Il ne s’agit pas tant de faire, d’acquérir, d’accumuler, que de se renoncer, se dépouiller  du vieil homme. La petite voie de l’enfance spirituelle, mise si merveilleusement en lumière par Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, reste un phare pour nous tous, quels que soient nos attraits vers telle ou telle spiritualité particulière (franciscaine, bénédictine, ignacienne, dominicaine, salésienne… pour citer les plus grands courants). A une de ses novices qui se plaignait en lui disant : « Oh quand je pense à tout ce que j’ai à acquérir ! », elle répondait : « Dites plutôt à perdre ! C’est Jésus qui remplira votre âme de splendeurs à mesure que vous la débarrasserez de ses imperfections » (Conseils et Souvenirs p ; 25-26). Pas de quiétisme, pas de volontarisme non plus !

En nous appelant à la conversion, Dieu ne veut pas nous mettre au pied d’un mur infranchissable, Il ne veut pas nous décourager, mais au contraire nous ouvrir une voie magnifique, exigeante certainement, difficile sans doute, surtout dans les débuts. Une vie à sa mesure, ou plutôt à sa démesure : une vie divine, une joie infinie.

En disant cela, j’ai bien conscience que l’on ne fait ici-bas que s’en approcher avec plus ou moins de succès, et notre ascension n’est pas toujours sans rechutes plus ou moins vertigineuses. Mais la réalité est là qui nous dépasse et nous saisit, comme Saint Paul en témoigne : « Ce n'est pas que j'aie déjà saisi le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection; mais je poursuis ma course pour tâcher de le saisir, puisque j'ai été saisi moi-même par le Christ. Pour moi, frères, je ne pense pas l'avoir saisi, mais je ne fais qu'une chose: oubliant ce qui est derrière moi, et me portant de tout moi-même vers ce qui est en avant, je cours droit au but, pour remporter le prix auquel Dieu m'a appelé d'en haut en Jésus-Christ. » (Philipiens 3, 12-14). « J’ai été saisi moi-même par le Christ » .

Se convertir, travailler à sa conversion, chaque jour, c’est accepter d’avoir été saisi par le Christ. C’est ne pas chercher à fuir, à se dégager de ce doux lien d’amour qui nous presse (cf 2 Co 5,14). C’est au contraire collaborer, avec nos pauvres moyens que Dieu connaît, à cette œuvre qui est la sienne, avant d’être la nôtre. Ce n’est pas Dieu qui nous aide, mais l’inverse : nous collaborons, comme des serviteurs inutiles, dont Dieu a voulu avoir besoin. Voilà notre part !

La belle devise du Maréchal de LATTRE de TASSIGNY : « Ne pas subir ! »  pourrait nous servir aussi de devise  dans notre vie spirituelle. Cela se cultive dans les petites choses. Cultivons le goût de l’effort, le souci des choses bien faites, luttons contre la négligence qui peut nous envahir dans bien des domaines.

Efforts dans la prière : prière du matin, prière du soir, chapelet, participation à la messe, … Ouvrons notre missel, profitons de la liturgie qui nous offre, pendant le carême, chaque jour des lectures différentes.

Efforts dans la pénitence, selon notre état et nos moyens. N’oublions pas que le Seigneur en a donné l’exemple, et que la Tradition de l’Eglise a toujours tenu le jeûne et l’abstinence en honneur, imitant en cela l’exemple du peuple Hébreux. Si la discipline ecclésiastique s’est relâchée, il ne faut pas en conclure que les pénitences corporelles (notamment la mortification des sens) soit dépassée et devenue facultative. Et certaines pénitences, simples et discrètes, sont très efficaces et sans danger pour notre santé. Mais ne limitons pas nos efforts de pénitence à la nourriture : discipline plus grande vis-à-vis de la télévision, de l’ordinateur, des loisirs (cinéma, sorties…) pour une meilleure utilisation du temps que Dieu nous donne. Que de temps perdu parfois, simplement en « zapping », « chat », forum de discussion, « surf sur le web» ou je ne sais quoi dont on ne retire aucun profit. Nous méritons mieux que cela !

Profitons du temps gagné et de notre liberté retrouvée pour porter davantage attention à ceux qui sont auprès de nous (conjoint, enfants, proches…) qui ont besoin que nous les écoutions, que nous les comprenions, que nous les soutenions, autrement qu’en courant, entre deux portes. Cela ne supprime pas toutes les difficultés de nos relations humaines, mais, ne pas le faire, c’est le meilleur moyen de créer des difficultés qui n’auraient pas lieu d’être. Perdre du temps en famille, pour tisser, entretenir, ou renouer des liens de charité, ce n’est jamais perdre du temps, mais c’est le racheter.

Enfin, effort dans l’aumône, là encore selon notre état et nos moyens : être économe (résister à la « fièvre acheteuse »), et mettre de côté pour les pauvres (il y en a encore près de nous, mais nous pouvons, bien sûr, aider aussi les plus lointains.).

Quand prendrons-nous Dieu, son Amour, son Sang, versé pour nous, vraiment au sérieux ? Puisse ce nouveau carême ne pas nous trouver aussi indolent que les précédents, si tel était le cas ! Puisse-t-il ne pas nous laisser sans désir de monter un peu vers ce Dieu caché qui veut se révéler à nous ! Puissent nos désirs se transformer en vraies résolutions, petites, humbles, mais sérieuses par l’amour que nous y mettrons, le renoncement qu’elle nous demanderont, et la persévérance sans laquelle aucune résolution ne compte.

 

Abbé Hugues de Montjoye, recteur


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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:57
 


Après avoir mis la goutte d’eau dans le vin du calice, le prêtre se rend au centre devant l’autel. Il présente dans un unique geste d’offrande la patène posée sur le calice, c’est-à-dire le pain et le vin qui deviendront à la consécration le Corps et le Sang du Seigneur. Dans le rite romain, il y a un offertoire du pain puis du vin. Ici une unique offrande conjointe, accompagnée d’une prière très courte mais dont la densité théologique est magnifique : « Voici l’offrande que nous vous présentons : acceptez-la, Dieu tout-puissant, avec bienveillance, et pardonnez les péchés de tous ceux qui vous l’offrent et de ceux pour qui elle vous est offerte ».

L’Eglise a en vue l’oblation de l’unique sacrifice de la croix que la consécration va rendre sacramentellement présente sur l’autel. Le sacrifice de la messe et celui de la croix sont un unique sacrifice. C’est un sacrifice expiatoire et propitiatoire[1]. Le Corps de Jésus est « livré » pour nos péchés, son Sang est « répandu en rémission de nos péchés ». Les protestants nient cette dimension eucharistique pourtant essentielle. Pour défendre la Révélation, « le saint concile [de Trente] enseigne que ce sacrifice est vraiment propitiatoire, et que par lui il se fait que, si nous nous approchons de Dieu avec un cœur sincère et une foi droite, avec crainte et respect, contrits et pénitents, " nous obtenons miséricorde, et nous trouvons la grâce d'un secours opportun " He 4,16. Apaisé par l'oblation de ce sacrifice, le Seigneur, en accordant la grâce et le don de la pénitence, remet les crimes et les péchés, même ceux qui sont énormes. C'est, en effet, une seule et même victime, c'est le même qui, s'offrant maintenant par le ministère des prêtres, s'est offert alors lui-même sur la croix, la manière de s'offrir étant seule différente »[2].

Dans cette prière nous voyons combien le prêtre et les fidèles sont unis dans l’offrande et dans la réception des fruits du sacrifice eucharistique, mais aussi combien l’Eglise recommande les âmes des fidèles défunts à la miséricorde du Seigneur au cœur de la Messe. Nous retrouverons cette idée et cette réalité dans la réponse des fidèles à l’invitation du prêtre (« Orate pro me fratres ») qui précède la « secrète »[3].

Après cette prière unique d’oblation, le prêtre fait le même geste et dit la même prière que dans le rite romain « In spiritu humilitatis et in animo contrito … » qui souligne bien les dispositions intérieures nécessaires pour offrir le saint sacrifice : humilité et contrition.

Vient ensuite (après l’encensement s’il a lieu) le « lavabo » : le lavement des mains en signe d’humilité et de repentir. De même que le prêtre se lave les mains, de même nous avons tous besoin, prêtre et fidèles, de la miséricorde de Dieu. Le prêtre ne dit que deux versets du psaume 25 alors que dans le rite romain il dit tout le psaume.

En revenant au centre de l’autel, dans le rite romano-lyonnais, le prêtre invoque de façon très significative et suggestive la venue de l’Esprit-Saint : « Venez Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles, et allumez en eux le feu de votre amour » de charité. Ce sera l’effet de la Communion en nos âmes mais c’est aussi une grâce à demander dès l’offertoire pour avoir la grâce de nous offrir avec le Christ, par le Christ, dans l’Esprit-Saint au Père éternel. Là encore nous voyons une « note johannique » de ce rite romano-lyonnais tant il est vrai que St Jean est très attentif dans son Evangile à la présence et à l’action de l’Esprit-Saint.

Le prêtre s’incline ensuite au centre de l’autel et dit la prière « Suscipe Sancta Trinitas ». Il faut toutefois remarquer que cette version est plus prolixe que celle du rite romain. Il est fait mention de l’Incarnation, de la Nativité du Seigneur, de la Pentecôte, en plus du « Mystère pascal » de sa mort, de sa Résurrection et de son Ascension. En effet, c’est toute la vie du Christ qui est rédemptrice. Même si son sommet est ce que st Jean appelle « l’Heure de Jésus ».

Cette prière souligne le fait que nous n’offrons, en tant que tel, le saint sacrifice qu’à Dieu notre Père. Ceci étant, nous l’offrons aussi pour honorer les saints. En premier lieu la Bienheureuse Marie toujours Vierge mais aussi les saints du calendrier liturgique et ceux dont les reliques sont contenus dans nos autels. Nous sollicitons ainsi leur intercession auprès de Dieu. (Suite le mois prochain)

 

Abbé Laurent Spriet +




[1]              Cf. Rm 3, 25 et 1 Jn 2, 2 « Il est lui-même une victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier ».

 

[2]                      Canon 3 : « Si quelqu'un dit que le sacrifice de la messe n'est qu'un sacrifice de louange et d'action de grâces, ou simple commémoration du sacrifice accompli sur la croix, mais n'est pas un sacrifice propitiatoire ; ou qu'il n'est profitable qu'à celui-là seul qui reçoit le Christ et qu'il ne doit pas être offert pour les vivants et les morts, ni pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités : qu'il soit anathème ».

 

[3]              « Que le Seigneur Dieu tout-puissant reçoive ce sacrifice, de votre bouche et de vos mains, pour le bien de sa sainte Eglise, le salut de tout le peuple chrétien et le soulagement de tous les fidèles défunts ».

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:53

 

 


Notre Saint-Père le pape Benoit XVI indique clairement dans son message pour le carême 2012 cette forme de charité fraternelle comme une pratique à redécouvrir et à mettre en œuvre. Néanmoins, de quoi s’agit-il ? Devrais-je « corriger », c’est-à-dire « frapper » mon prochain ? Non, bien entendu. Il ne s’agit pas de tancer physiquement mais bien plutôt de reprendre humblement et charitablement son prochain lorsqu’on le voit tomber dans le péché.

Pourquoi ? Par amour. C’est parce que j’aime mon prochain comme moi-même[4] que je suis triste de la voir s’autodétruire[5] par le péché, et donc que je réagis pour l’aider à prendre conscience de son mal et l’encourager à se convertir. C’est parce que je suis lié à mon prochain spirituellement dans la communion des saints de toute l’Eglise que je vais me préoccuper activement du salut de l’âme de mon frère.

Après avoir tué son frère Abel, Caïn a le toupet de demander au Seigneur : « suis-je le gardien de mon frère ? [6]» A sa plus grande surprise la réponse divine est affirmative : oui, tu es responsable aussi de la vie et du salut de ton frère. Il te sera demandé compte du salut de ton frère. Pour nous qui vivons dans une société profondément individualiste, il nous est bon de méditer cet exemple de l’Ancienne Alliance.

A l’inverse, voir son frère succomber à la tentation en tombant dans le péché et ne rien faire pour lui venir en aide est une preuve de non-amour. C’est un manque à la charité fraternelle. Se taire devant le mal commis peut même être une forme de complicité. Car « qui ne dit mot, consent ». Nous pouvons parfois avoir « le devoir de parler ». En toute justice. Puisque le minimum de la charité c’est la justice. Là où il n’y a pas de justice, il n’y a pas de charité.

Mais alors comment faire ? Comment admonester de façon juste mon prochain qui est  pécheur comme moi ?

Notre-Seigneur Lui-même nous donne lui-même le précieux « mode d’emploi » : « Si ton frère a péché contre toi, va reprends-le entre toi et lui seul ; s'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends avec toi encore une ou deux personnes, afin que toute chose se décide sur la parole de deux ou trois témoins. S'il ne les écoute pas, dis-le à l'Eglise ; et s'il n'écoute pas même l'Eglise, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain » Mt 18, 15-17.

Et si mon frère ne m’écoute pas ? Dans l’Evangile, Jésus indique une graduation : tout d’abord, retourner lui parler avec deux ou trois personnes, pour l’aider à mieux se rendre compte de ce qu’il a fait ; si malgré cela il repousse encore cette observation, il faut le dire à la communauté ; et s’il n’écoute pas non plus la communauté, il faut lui faire percevoir la séparation qu’il a lui-même provoquée en se séparant de la communion de l’Eglise.

Si nous allons tout de suite parler à des tiers du mal fait volontairement par notre prochain, avant même d’en parler avec l’intéressé, il ne s’agit pas de correction fraternelle mais de médisance. Nous nuisons gravement à la réputation de notre prochain, et nous tombons nous-même dans le péché.

Aller parler d’abord avec le coupable demande un certain courage, et pour que la remarque soit acceptée, il faut prendre garde à ne pas s’élever dans son cœur par l’orgueil. C’est cette attitude d’humilité intérieure que Jésus veut souligner lorsqu’il nous rappelle de faire attention à la poutre qui est dans notre œil avant de s’occuper de la paille qui est dans l’œil de notre prochain (cf. Lc 6, 41). Cet appel étant entendu, nous pouvons humblement aider notre prochain. Au fond, nous sommes appelés à faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous. Mais que la conscience d’avoir une  poutre dans notre œil, ne nous retienne pas d’exercer la charité de la correction fraternelle. Plus nous aurons conscience de notre propre faiblesse et plus nous serons capables de redresser efficacement le cœur de notre prochain.

Il s’agit au fond d’imiter les dispositions du Seigneur à notre égard. Dieu ne nous condamne pas, mais il ne se fait jamais complice du péché. Comme à la femme adultère le Seigneur nous dit : « Moi non plus je ne te condamne pas, va et ne pèche plus ». Pour reprendre charitablement et humblement notre prochain, il nous faut, par la grâce de Dieu, avoir ces mêmes sentiments dans le cœur. Reprendre mais ne pas juger, ne pas condamner.

« La tradition de l’Église a compté parmi les œuvres de miséricorde spirituelle celle d’« admonester les pécheurs ». Il est important de récupérer cette dimension de la charité chrétienne. Il ne faut pas se taire face au mal. Je pense ici à l’attitude de ces chrétiens qui, par respect humain ou par simple commodité, s’adaptent à la mentalité commune au lieu de mettre en garde leurs frères contre des manières de penser et d’agir qui sont contraires à la vérité, et ne suivent pas le chemin du bien. Toutefois le reproche chrétien n’est jamais fait dans un esprit de condamnation ou de récrimination. Il est toujours animé par l’amour et par la miséricorde et il naît de la véritable sollicitude pour le bien du frère. L’apôtre Paul affirme : « Dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien, toi aussi être tenté » (Ga 6, 1) »[7].

Ainsi pendant ce Carême 2012, « « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » He 10, 24.

 

abbé Laurent Spriet +




[1]              Cf. Rm 3, 25 et 1 Jn 2, 2 « Il est lui-même une victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier ».

 

[2]                      Canon 3 : « Si quelqu'un dit que le sacrifice de la messe n'est qu'un sacrifice de louange et d'action de grâces, ou simple commémoration du sacrifice accompli sur la croix, mais n'est pas un sacrifice propitiatoire ; ou qu'il n'est profitable qu'à celui-là seul qui reçoit le Christ et qu'il ne doit pas être offert pour les vivants et les morts, ni pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités : qu'il soit anathème ».

 

[3]              « Que le Seigneur Dieu tout-puissant reçoive ce sacrifice, de votre bouche et de vos mains, pour le bien de sa sainte Eglise, le salut de tout le peuple chrétien et le soulagement de tous les fidèles défunts ».

 

[4]              Rm 13, 8-10 : « Ne soyez en dette avec personne, si ce n'est de l'amour mutuel ; car celui qui aime son prochain a accompli la loi. En effet, ces commandements : "Tu ne commettras pas d'adultère ; tu ne tueras pas ; tu ne déroberas pas ; tu ne diras pas de faux témoignage ; tu ne convoiteras pas, " et ceux qu'on pourrait citer encore, se résument dans cette parole : " Tu aimeras ton prochain comme toi-même. " L'amour ne fait pas de mal au prochain ; l'amour est donc la plénitude de la loi ».

 

[5]              Saint Augustin commente : « Il t'a offensé, et en t’offensant il s'est fait une profonde blessure : tu n'as aucun souci de la blessure de ton frère ? (…) Oublie donc l'injure qui t'est faite, mais non pas la blessure dont souffre ton frère » (Discours 82, 7).

 

[6]              Cf. Gn 4, 9.

 

[7]

                        [7] Benoit XVI, extrait de son message pour la carême 2012 ?

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:52

Par Mgr Samir NASSAR, Archevêque Maronite de Damas

 


Où va la Syrie ?

1) MONDIALISATION D'UNE CRISE :

D'une petite manifestation au sud de la Syrie le 15 mars 2011, la crise a fait tâche d'huile pour passer dans presque toutes les villes syriennes...

Une révolte sans visage, animée par l'Internet et les médias informatiques. Une nouvelle technologie de communication "fantôme" qui échappe au langage classique du pouvoir et s'impose en maître.

D'une crise locale à une crise régionale, la Syrie au bout d'un an est transformée progressivement en terrain de conflit international où des enjeux politiques, militaires et économiques déterminent l'avenir du pays et prennent la solution en otage, laissant la porte ouverte aux violences et aux grandes souffrances.

 

2) DEVANT L'IMPASSE :

Ce conflit semble courir vers l'inconnu, d'un côté un pouvoir central musclé qui se maintient, de l'autre un soulèvement populaire déterminé qui ne calme et ne désarme pas malgré l'intensité de violence. Dans ce conflit qui paralyse le pays : embargo économique, inflation, dévaluation de la monnaie locale -60%, chômage galopant, destruction, déplacement de population et victimes par milliers…

Le petit peuple est soumis à des pressions et des souffrances énormes qui s'intensifient avec le temps et la haine qui divise et la misère qui grandit en absence de mouvements caritatifs et de secours humanitaires.

La Syrie semble camper devant l'impasse meurtrière.

 

3) DEVANT L'ANGOISSE :

Cette situation sans issue nourrit l'angoisse des fidèles qui échangent les adieux à la fin de chaque messe tellement l'avenir reste incertain...

La fermeture des ambassades à Damas rend l'obtention de visa impossible et réduit la possibilité de partir surtout pour les réfugiés Irakiens toujours nombreux sur place. Les jeunes, qui travaillent pour la première fois, victimes de licenciement massif, regardent assez mal cet embargo diplomatique qui augmente leur désarroi : le monde ne veut plus de nous et ferment ses portes.

Cette inquiétude gagne aussi les prêtres qui cherchent discrètement des cieux plus cléments. Que deviendrait l'Eglise de Syrie sans eux ? L'aventure avec le Christ n'est pas de toute facilité.

 

4) BOUÉE DE SAUVETAGE

Dans cette grande tourmente et forte division, les sinistrés de cette crise n'ont trouvé de refuge que dans la famille…

La famille s'avère sans doute comme la seule bouée de sauvetage, un lieu de vie et d'accueil qui soigne, protège, console, partage et défend avec amour et affection dans une merveilleuse solidarité… Cette cellule de base absorbe les chocs et vers elle reviennent les déplacés, les blessés, les chômeurs...

La famille-rempart dans ce vide chaotique, assure la survie d'une société et d'une Église… C'est pourquoi devant ce drame, cette même Église choisit de focaliser son attention et sa prière sur la famille en lui apportant l'assistance et le soutien disponible. Quelle grâce de pouvoir s'appuyer dans ce calvaire sur une famille fragilisée certes mais qui reste unie, soudée, solidaire, pieuse et croyante...

Au lieu d'une fin proche de cette crise, la tempête souffle plus fort au seuil de la deuxième année. Le bout du tunnel reste invisible.

Où va la Syrie ? Nous entrons en Carême dans le silence, les mains vides, les cœurs serrés et le regard fixé sur le CHRIST RESSUSCITE pour qu'il guide nos pas sur le chemin du Pardon et de Paix.

Carême 2012.

+ Samir NASSAR

Archevêque Maronite de Damas


 

Prions pour les chrétiens persécutés, en particulier ceux du Moyen-Orient,

sans oublier les autres, de plus en plus  nombreux hélas.

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 15:41

 

Mois de Saint Joseph

Nous honorerons saint Joseph chaque jour du mois de mars par une prière spéciale à la fin de chaque messe et une procession en son honneur le mercredi soir, après la messe, jusqu'à son autel.

 

Prière à Saint Joseph modèle des travailleurs

 

Glorieux saint Joseph, modèle de tous ceux qui sont voués au travail, obtenez-moi la grâce de travailler en esprit de pénitence pour l'expiation de mes nombreux péchés; de travailler en conscience, mettant le culte du devoir au-dessus de mes inclinations; de travailler avec reconnaissance et joie, regardant comme un honneur d'employer et de développer par le travail les dons reçus de Dieu; de travailler avec ordre, paix, modération et patience, sans jamais reculer devant la lassitude et les difficultés; de travailler surtout avec pureté d'intention et avec détachement de moi-même ayant sans cesse devant les yeux la mort et le compte que je devrai rendre du temps perdu, des talents inutilisés, du bien omis et des vaines complaisances dans le succès, si funestes à l'oeuvre de Dieu. Tout pour Jésus, tout pour Marie, tout à votre imitation, patriarche saint Joseph! telle sera ma devise à la vie à la mort. Ainsi soit-il.

Saint Pie X

 

Prière pour obtenir la chasteté

 

Saint Joseph, père et protecteur des vierges, gardien fidèle à qui Dieu confia Jésus, l’Innocence même, et Marie la Vierge des vierges, je vous en supplie et je vous en conjure, par Jésus et Marie, par ce double dépôt qui vous fut si cher, faites que, préservé de toute souillure, pur de coeur et chaste de corps, je serve constamment Jésus et Marie dans une chasteté parfaite. Ainsi soit-il.

 

Souvenez vous, saint Joseph

 

Souvenez-vous, ô très chaste époux de la Vierge Marie, ô mon aimable protecteur, Saint Joseph, qu’on n’a jamais entendu dire, que quelqu’un ait invoqué votre protection, et demandé votre secours, sans avoir été consolé. Animé d’une pareille confiance, je viens à vous, et je me recommande à vous, de toute la ferveur de mon âme. Ne rejetez pas ma prière, ô vous qui êtes appelé père du Rédempteur, mais daignez l’accueillir avec bonté. Ainsi soit-il !

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:07

 

·         Editorial de l’abbé de Montjoye

o   La piété

·         Articles de l’abbé Spriet

o   Elections présidentielles (pour le 1er tour)

o   Rite romano-lyonnais : l’offertoire.

o  Année 2012 : année de Sainte Jehanne d’Arc

·         Eglise universelle

o   Dispositions du Code de Droit Canonique relatives aux jours de Pénitence

o   Les sept dons de l’Esprit Saint

·        Dates à retenir

·         Vie diocésaine

·        Annonces diverses

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:05


 


L

es exercices corporels ne servent pas à grand-chose; la piété, au contraire, est utile à tout, car elle a les promesses de la vie, de la vie présente comme de la vie future (1 Tim. 4,8).

Voilà une vérité que saint Paul rappelait à Timothée, et qu’il nous est bon de réentendre à l'approche du carême, alors que nous allons choisir nos résolutions. Ainsi, inconsciemment peut-être, nous fixons les priorités de notre vie, les valeurs qui nous animent et que nous entendons conserver et défendre, mieux : faire rayonner pour les partager avec ceux qui nous entourent, que nous côtoyons ou que nous croisons simplement. La Providence ne les a-t-elle pas mis sur notre route pour que nous soyons pour eux les témoins et les messagers de l’Amour de Dieu pour l’humanité blessée, Amour qui nous a guéris et relevés nous les premiers. « Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre » (Mt.5,13-14). Des dix lépreux guéris par Notre-Seigneur,  un seul est venu lui rendre grâce. La question que lui pose Jésus résonne encore dans notre cœur : « Tous les dix n’ont-ils pas aussi été guéris ? (Lc 17,17)». Seul celui-là était revenu vers Jésus, glorifiant Dieu à haute voix. Action de grâces. Témoignage public. Et nous, n’avons-nous pas aussi été guéris?

Sans la piété, il n’y a pas de vie surnaturelle possible, car il n’y a pas de communion avec Dieu. Dieu est vu comme un étranger, un bienfaiteur peut-être, mais lointain, inaccessible ou indifférent. Il n’est pas reconnu comme un Père très aimant qui nous appelle à son intimité, malgré notre petitesse et nos péchés. Les neuf autres lépreux de tout à l’heure étaient certainement reconnaissants au Christ de leur guérison. Mais ils ne sont pas retournés vers Lui, ils ne l’ont pas cherché et ils n’ont pas entendu cette parole plus extraordinaire encore que la purification de leur lèpre : « Va ! Ta foi t’a sauvé! ». La piété est utile à tout, car elle a les promesses de la vie. Elle alimente en nous la foi, l’espérance et la charité, qui sont la base de notre vie surnaturelle. Sans la piété, ces trois vertus théologales s’étiolent et se dénaturent. Au jour du Jugement, le Seigneur pourra nous demander avec justice : « Qu’as-tu fait de tes talents ? Rends compte de ta gestion ? »

La piété est utile à tout, et le monde n’en parle pas. Les médias ne vantent que le confort, le luxe, la facilité, le bien-être, quand ce ne sont pas franchement l’égoïsme, la paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’envie, l’avarice… Tiens, tiens cela ressemble aux sept péchés capitaux, les sept vices qui nous menacent. Nous sommes loin du chemin du vrai bonheur, balisé par … les vertus !

Pour garder la ligne, être en bonne forme physique, acquérir des compétences dans une discipline quelconque (sport, musique, …), on ne ménage ni ses sous, ni ses efforts. Mais qu’est-on prêt à faire pour garder la santé de l’âme? On meublera son temps par mille activités (travail et loisirs), et il ne restera plus de place pour l’essentiel. La piété est nécessaire pour nous faire entrer dans la connaissance vraie de Dieu, qui ne s’acquière pas seulement par l’intelligence, mais par le cœur, le cœur-à-cœur. « Dieu est parfaitement connu, disait saint Bernard, quand il est parfaitement aimé ». La science la plus utile, parce qu’en définitive la seule nécessaire, serait-elle la seule que nous ne cherchions pas à acquérir?

Quand on observe la place que prend le sport aujourd’hui dans la vie des Français, on est en droit de se dire que la remarque de Saint Paul à Timothée était faite pour notre époque. Quand on constate que souvent la pratique actuelle du sport empêche ceux qui s’y livrent de remplir leurs devoirs religieux  (plus de messe le dimanche, plus de catéchisme, plus de souci de formation…), et leur interdit ainsi l’épanouissement normal de la vie chrétienne, on ne peut que penser à la mise en garde de Notre-Seigneur vis-à-vis de l’argent: « Nul ne peut servir deux maîtres! » (Mt 6,24). Quand les intérêts du sport priment sur ceux de notre âme et sur les droits de Dieu, on peut dire que le sport est devenu une idole, un dieu, une religion.

Les premiers chrétiens ont subi torture et mort par fidélité au Christ, à l’évangile, aux promesses de leur baptême, et nous piétinerions ces mêmes promesses pour être comme tout le monde, pour être « dans le vent ». Comme le dit le dicton, il n’y a que les feuilles mortes qui soient dans le vent ! N’oublions pas que la sanctification du jour du Seigneur est un commandement de Dieu, et que l’Eglise nous fait un grave devoir d’assister à la messe pour remplir ce précepte, si bien que consentir à y manquer constitue un péché mortel, un grave désordre. Et quel mauvais exemple pour le prochain, que nous risquons d’entraîner dans le même péché. Nous aurions ainsi une responsabilité dans son propre péché. Que chacun s’examine. Remettons la piété à l’honneur. Elle a les promesses de la vie éternelle.

Et ce que nous venons de dire du sport ou des loisirs est également vrai des études ou du travail. Tant mieux si les chrétiens travaillent avec sérieux et application, s’ils cherchent à être plus habiles dans leurs affaires que les fils de ténèbres, à occuper des responsabilités importantes pour exercer une saine influence sur la société. Mais à quel prix ? Au risque d'avoir une vie spirituelle sous-développée ? Alors cela n’en vaut pas la peine. Quelles sont les priorités ? Quelle est ma vocation ? A quoi suis-je appelé ? A une vie divine. Rien de moins. A la sainteté. Dès ici-bas. A la perfection de la charité. Voilà ce qu’il faut désirer sans limite, ce que l'on peut rechercher et poursuivre sans relâche et sans risque.

Quel programme pour notre carême tout proche ! Ce sera le même l’année prochaine, et l’année suivante encore. C’est d’ailleurs le programme que traçait pour le nouveau millénaire le Bienheureux Jean-Paul II dans son exhortation apostolique « Novo Millenio Ineunte ». Nous pourrions être tentés de chercher à l’oublier, mais impossible, l’Eglise nous le rappelle, le crie sur les toits et dans toutes les langues. Elle nous secoue comme dans l’Apocalypse le Christ secoue les communautés chrétiennes d’Asie Mineure, comme il secoue en particulier l’Eglise de Laodicée : « Je connais tes oeuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni chaud. Puisses-tu être froid ou bouillant! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche. Tu t’imagines : me voilà riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien. Mais tu ne le vois donc pas : c’est toi qui es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. Aussi, suis donc mon conseil : achète chez moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises! » (Ap 3, 15-22).

Le Seigneur refuse la médiocrité. Les saints disent qu’il s’agit de l’état le plus dangereux de la vie spirituelle. Jésus veut nous en arracher. Il le fait en nous invitant à l’écouter, lui qui frappe à la porte de notre vie.

Ce programme nous dérange. Nous étions si bien, presque tranquilles. Mais l’appel à la sainteté nous invite à aller toujours plus loin, car nous ne sommes pas encore parvenus au but.

La sainteté, c’est se laisser saisir et transformer par le Christ, le seul Saint (« Tu solus Sanctus » chantons-nous trop discrètement dans le gloria de la messe). Etre saint, c’est disparaître le plus possible, pour Le laisser transparaître dans nos vies. C’est devenir miroir, reflet, icône de la gloire divine. C’est écarter dans nos vies tout ce qui ferait écran, tout ce qui obscurcirait ou fausserait le rayonnement du Dieu-Amour. Voilà le résumé du mystère d’Amour caché depuis les siècles en Dieu.

C’est par l’amour que nous aurons les uns pour les autres et pour Dieu que nous serons vraiment les fils de notre Père du Ciel; c’est par cet amour que nous serons les disciples du Seigneur qui nous a dit : « Mon commandement, c’est que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimé » et encore : « A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 35). Le Cardinal F-X Nguyen Van Thuan, vrai témoin du Christ sous la persécution communiste au Vietnam,  le rappelait au Pape et à la Curie Romaine lors de la retraite qu'il leur prêcha pour le Jubilé: « Là où est l’amour réciproque, là se voit le Christ. Et voilà la mesure de l’amour réciproque : « Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime » (Jn 15, 12-13). C’est donc à raison que l’instrumentum laboris de la récente Assemblée du Synode des évêques pour l’Europe affirme : « Si l’Eucharistie est la présence la plus grande du Seigneur ressuscité, l’amour réciproque vécu avec l’aspect radical de l’évangile est la présence la plus transparente, qui interpelle le plus et conduit à croire » (n°45). « Ubi caritas et amor, Deus ibi est », dit l’hymne antique » (Cardinal F-X Nguyen van Thuan, Témoins de l’Espérance - Retraite au Vatican, p. 181).

Par la pratique de la charité, nous laissons le Saint-Esprit agir en nous et par nous. Il nous sanctifie et fait de nous les instruments de la grâce divine. Si Jean-Paul II, dans Novo Millenio Ineunte, nous demandait d’approfondir « une solide spiritualité de communion », c’est justement parce que la communion fraternelle, quand elle est fondée sur l’évangile, est le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu. « Dieu, nul ne l’a jamais contemplé - dit Jean - ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour en nous est accompli » (1 Jn 4, 12).

Etant chargés, en tant que pasteurs de la communauté, de vous conduire sur cette voie de la charité fraternelle, nous tâcherons d’abord d’en donner l’exemple, nous souvenant de l’exhortation de saint Pierre : « Soyez les modèles du troupeau » (cf 1 Pierre 5, 3). Aidons-nous tous mutuellement dans la pratique de la charité, nous en serons tous bénéficiaires. Que la communauté que nous formons tous ensemble soit un espace de charité chrétienne (la charité du Christ), où la légitime diversité inhérente à toute société humaine ne nuise pas à l’unité des cœurs et des âmes.

C’est ce que je vous souhaite pour que grandisse en nous, entre nous et autour de nous le Royaume de Dieu

 

Abbé Hugues de MONTJOYE recteur

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:01

 


Après avoir vu ensemble les prières au bas de l’autel propres au rite romano-lyonnais, regardons maintenant les prières et les rites (gestes) de l’offertoire car ils sont différents de ceux du rite romain. Ils constituent une grande richesse pour l’Eglise. Les différences rituelles ne nuisent en rien à l’unité de l’Eglise ; bien au contraire elles en soulignent l’unité et contribuent à sa richesse. C’est l’enseignement du Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC 814 et 1201) et du dernier Concile (SC 4) : « Obéissant fidèlement à la Tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l’Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu’elle veut, à l’avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières ».

Ce qui frappe au premier abord dans ses rites romano-lyonnais de l’offertoire c’est leur « note johannique » : de nombreuses prières sont nettement débitrices des écrits bibliques de St Jean l’évangéliste. Qui peut s’en étonner quand on sait que St Irénée, deuxième évêque de Lyon, était disciple de St Polycarpe, lui-même disciple de St Jean ! Après le salut habituel au peuple de Dieu, le prêtre lit l’antienne d’offertoire puis en prenant le voile de calice et en le donnant à l’enfant de chœur, le prêtre dit deux versets d’un psaume : « que rendrai-je au Seigneur pour tous ses bienfaits ? Je prendrai le calice du salut et j’invoquerai le Nom du Seigneur ». Que rendre de plus digne en effet au Seigneur que « le calice du salut » c’est-à-dire le Sang précieux de son Fils mort pour nos péchés sur la croix ? L’eucharistie comme l’indique son nom est un sacrifice d’action de grâces. C’est l’action de grâces par excellence. A chaque messe nous rendons par le Christ, dans le Christ, avec le Christ, tout honneur et toute gloire, toute action de grâces au Père dans l’Esprit-Saint.

Après avoir déposé sur le corporal devant lui, la patène dans laquelle se trouve l’hostie de pain, le prêtre impose les deux mains sur cette hostie et dit ce verset directement tiré de l’Evangile selon Saint Jean : « Jésus dit à ses disciples : « Je suis le pain vivant descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ».  Le geste de l’imposition des mains peut nous faire penser à celui des prêtres de l’ancien testament qui imposaient leurs mains sur la tête du bouc émissaire pour le charger des péchés du peuple avant de l’envoyer mourir au désert en sacrifice d’expiation. En ce sens Jésus est vu comme l’Agneau de Dieu qui porte et enlève les péchés du monde. C’est lui qui est à la fois le grand-prêtre et la victime sainte et immaculée qui nous réconcilie avec son Père et notre Père par son obéissance et sa charité dans sa Passion.

Le prêtre saisit alors le calice et va au coin droit de l’autel pour le remplir de vin et d’une goutte d’eau. Il bénit l’eau et la verse dans le calice en disant : « Du côté de notre Seigneur Jésus-Christ jaillirent du sang et de l’eau pour la rédemption du monde, lors de la Passion : symbole de la Sainte Trinité ; l’évangéliste Jean l’a vu et en témoigne, et nous savons que son témoignage est vrai ». Ce texte est tissé de passages de l’Evangile selon St Jean disciple bien-aimé et préféré du Seigneur qui a eu le privilège d’être debout au pied de la croix lors de la crucifixion [cf. Jn 19, 34, 1 Jn 5, 7-8 et Jn 21, 24]. Les Pères de l’Eglise ont vu dans cette eau et dans ce sang les symboles des sacrements de baptême et d’eucharistie. Mais aussi le symbole de la Trinité Sainte car comme le dit St Jean lui-même : «Ils sont trois qui rendent témoignage, l'Esprit, l'eau et le sang, et tous les trois se rejoignent en un seul témoignage » (1 Jn 5,7-8). C’est-à-dire : « il y en a trois qui rendent témoignage [dans le ciel : le Père, le Verbe et l'Esprit; et ces trois sont un. Et il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre]: l'Esprit, l'eau et le sang; et ces trois sont d'accord ». Cette prière d’offertoire : quelle merveille!

Suite le mois prochain…


Abbé Laurent Spriet +

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 16:59

 


N

otre Patrie jouit du privilège d’avoir de très grands saints protecteurs au Ciel : la Vierge Marie tout d’abord (spécialement dans le mystère de son Assomption), St Michel Archange ensuite, mais aussi deux jeunes saintes femmes : une petite carmélite (« patronne des missions » et « Docteur de l’Eglise ») et une fille de laboureur de Lorraine, aussi bouleversante et sainte qu’analphabète !

En ce 600° anniversaire de la naissance de Jehanne, il nous est bon de nous pencher sur sa trajectoire absolument surnaturelle, non pas simplement pour nous émerveiller devant le spectacle de sa vie, ce qui est pourtant nécessaire, mais pour voir en quoi chacun de nous peut prendre Jehanne comme modèle accessible de vie chrétienne. Car Jehanne n’est pas uniquement inimitable ! Ste Thérèse de Lisieux qui admirait profondément Jehanne était justement marquée par la facette profondément imitable de sa vie.

Thérèse a écrit deux « récréations » sur la vie de Jehanne (qui sont en réalité comme des petites pièces de théâtre). Elle a même tenu à jouer le rôle de Jehanne, lors de la représentation qui en fut donnée au sein du Carmel de Lisieux.

En quoi Jehanne a-t-elle inspiré Thérèse et, par voie de conséquence, en quoi peut-elle encore nous éclairer et nous servir de modèle ?

Jehanne vit de la foi théologale. Elle croit ce que Dieu dit, elle croit ce que l’Eglise catholique et romaine enseigne.

Sa voie est toute de confiance et d’abandon, d’obéissance à la volonté de Dieu. Sa mission lui semble trop grande mais, en toutes choses, elle « s’en attend à Notre-Seigneur ».

Elle espère en Dieu. Jehanne est le modèle de la « petite fille Espérance » que Charles Péguy aimera chanter. Elle « espère contre toute espérance », comme Abraham. Jehanne « prend tout en gré », Thérèse verra que « tout est grâce ».

Au jugement de tous, Jehanne est « bonne » c’est-à-dire charitable. Elle aime Jésus et son Eglise. Sans compter. Elle est toujours attentive au bien de son prochain, qu’il fût anglais, bourguignon ou français. Thérèse mettra sur les lèvres de Jehanne ces paroles qui résume son propre idéal de vie de baptisée : « je veux essayer de rendre amour pour amour » à Jésus (cf. la récréation « la mission de Jeanne »).

Jehanne fut victorieuse car elle ne comptait pas sur ses forces mais sur les secours de Dieu, des anges, des saints du Ciel, de « ses voix ». Et jamais elle n’a été déçue. Son humilité a ravi le cœur de Thérèse et elle est une lumière de vie spirituelle pour nous aussi aujourd’hui. « C’est l’humilité de Marie qui attira le Divin Roi ; c’est l’humilité de ta vie, qui Le fait s’abaisser à toi » (cf. la récréation « la mission de Jeanne »).

Jehanne se confessait souvent. Toujours avant les batailles.

Elle communiait aussi le plus souvent possible. L’Eucharistie fut son pain « supersubstantiel » sur la route de ses combats temporels et spirituels. Comme Thérèse, Jehanne aurait voulu communier encore plus souvent !

Jehanne avait « une âme de guerrier » (sic) : elle lutta pour son Roi (pour « le Christ qui est Roi de France »), et pour son « lieu-tenant » sur la terre, le Dauphin. Thérèse aussi recevra cette grâce d’une âme combattante pour sauver ses frères pécheurs de la damnation éternelle. « La belle mission que le Seigneur me confie aujourd’hui, qui est de conserver la Foi de notre chère France et de peupler le Ciel de nombreux élus ! » (cf. la récréation « la mission de Jeanne »). Ce fut la mission de Jehanne et celle de Thérèse. Chacune selon sa vocation, dans son cadre de vie.

Jehanne est vierge consacrée et elle le demeure toute sa vie. Sa chasteté est si forte qu’elle rayonne autour d’elle. Les hommes d’armes du parti français comme ceux de l’ennemi en témoigneront à son procès.

Enfin, Jehanne est associée au mystère de la croix. La fin de sa vie est évidemment à mettre en parallèle avec le procès et la Passion de Jésus. Elle est livrée et condamnée injustement. Elle offre sa vie en sacrifice. Elle pardonne à ses bourreaux. Elle remet son esprit entre les mains de son Père en prononçant le doux nom de l’époux de son âme : « Jésus, Jésus ! » Le Cœur de Jésus fut transpercé par une lance ; celui de Jehanne est préservé des flammes et jeté dans la Seine.

Que Jehanne intercède pour notre Patrie et qu’elle nous aide à marcher hardiment à sa suite sur le chemin de la sainteté et de notre vocation particulière quel que soit notre état de vie.                    

Abbé Laurent Spriet +


 

Retrouvez les litanies de sainte Jeanne d’Arc sur le site de l’Ile-Bouchard : http://www.ilebouchard.com 

 

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