Vie et actualité de la Paroisse Saint-Georges de Lyon (69005)
La messe, source première de la sanctification personnelle du prêtre
Encyclique « Sacerdotii Nostri Primordia » du Pape Jean XXIII à l’occasion du centenaire de la mort de Saint Jean-Baptiste Vianney(suite)
(...) Il y a plus. C’est toute la sanctification personnelle du prêtre qui doit se modeler sur le sacrifice qu’il célèbre, selon l’invitation du Pontifical romain. « Considérez l’action que vous accomplissez ; imitez le sacrifice que vous offrez » [« Agnoscite quod agitis ; imitamini quod tractatis »]. Mais laissons ici la parole à Notre Prédécesseur immédiat, dans son Exhortation apostolique Menti nostræ : « De même que toute la vie du Sauveur fut ordonnée au sacrifice de lui-même, ainsi toute la vie du prêtre, qui doit reproduire en soi l’image du Christ, doit être avec Lui, par Lui et en Lui, un sacrifice agréable... Le prêtre ne se contentera pas de célébrer le sacrifice eucharistique, mais il devra le vivre d’une manière très profonde. Ainsi y puisera-t-il la force surnaturelle qui le transformera complètement et le fera participer à la vie expiatrice du Rédempteur lui-même ». Et le même Pontife de conclure : « C’est donc une obligation pour le prêtre de reproduire dans son âme ce qui se produit sur l’autel, et puisque le Christ Jésus s’y immole lui-même, son ministre s’y immolera avec lui ; puisque Jésus expie les péchés des hommes, le prêtre parviendra à sa propre purification et à celle des autres en suivant la voie ardue de l’ascèse chrétienne ».
C’est cette haute doctrine que l’Eglise a en vue quand elle invite ses ministres à une vie d’ascèse et leur recommande de célébrer avec une profonde piété le sacrifice eucharistique. N’est-ce pas faute d’avoir assez bien compris le lien étroit, et comme réciproque, qui unit le don quotidien de soi-même à l’offrande de la messe, que des prêtres en sont venus peu à peu à perdre la ferveur première de leur ordination ? Telle était l’expérience acquise par le Curé d’Ars : « La cause, disait-il, du relâchement du prêtre, c’est qu’on ne fait pas attention à la messe ». Et le Saint, qui avait lui-même l’héroïque « habitude de s’offrir en sacrifice pour les pécheurs », versait d’abondantes larmes « en pensant au malheur des prêtres qui ne correspondent pas à la sainteté de leur vocation ».
D’un cœur paternel, Nous demandons à Nos chers prêtres de s’examiner régulièrement sur la façon dont ils célèbrent les saints mystères, et surtout sur les dispositions spirituelles avec lesquelles ils montent à l’autel et sur les fruits qu’ils s’appliquent à en retirer. Le centenaire de ce prêtre admirable, qui puisait dans « la consolation et le bonheur de célébrer la sainte messe » le courage de son propre sacrifice, les y invite : son intercession leur vaudra, Nous en avons la ferme confiance, d’abondantes grâces de lumière et de force.