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Vie et actualité de la Paroisse Saint-Georges de Lyon (69005)

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Le prêtre et le sacrifice de la messe


Nous ne saurions oublier toutefois que la prière eucharistique au sens plénier du terme est le saint sacrifice de la messe. Il convient, Vénérables Frères, d’insister spécialement sur ce point puisqu’il touche à l’un des aspects essentiels de la vie sacerdotale.

Sans doute, Notre intention n’est-elle pas de reprendre ici l’exposé de la doctrine traditionnelle de l’Eglise sur le prêtre et le sacrifice eucharistique ; Nos Prédécesseurs, Pie XI et Pie XII d’heureuse mémoire, dans des documents magistraux, ont rappelé avec tant de clarté cet enseignement que Nous ne pouvons que vous exhorter à le faire largement connaître aux prêtres et aux fidèles qui vous sont confiés. Ainsi seraient dissipées des incertitudes ou des hardiesses de pensée qui ont pu, ici ou là, se manifester à cet égard.

Mais il est bon de montrer dans cette encyclique en quel sens profond le saint Curé d’Ars, héroïquement fidèle aux devoirs de son ministère, mérita vraiment d’être proposé en exemple aux pasteurs d’âmes et proclamé leur céleste patron. S’il est vrai, en effet, que le prêtre a reçu le caractère de l’Ordre pour le service de l’autel et a commencé l’exercice de son sacerdoce avec le sacrifice eucharistique, celui-ci ne cessera d’être, tout au cours de sa vie, au principe de son action apostolique et de sa sanctification personnelle. Et tel fut bien le cas de saint Jean-Marie Vianney.

Qu’est-il donc l’apostolat du prêtre, considéré dans son action essentielle, si ce n’est de réaliser, partout où vit l’Eglise, le rassemblement autour de l’autel d’un peuple uni dans la foi, régénéré et purifié ? C’est alors que le prêtre, par les pouvoirs qu’il a seul reçus, offre le divin sacrifice où Jésus lui-même renouvelle l’immolation unique accomplie sur le calvaire pour la rédemption du monde et la glorification de son Père ; c’est là que les chrétiens réunis offrent au Père céleste la divine Victime par le moyen du prêtre et qu’ils apprennent à s’immoler eux-mêmes en « hosties vivantes, saintes, agréables à Dieu » ; c’est là que le peuple de Dieu, éclairé par la prédication de la foi, nourri du corps du Christ, trouve sa vie, sa croissance et, s’il en est besoin, renforce son unité ; c’est là en un mot que, de générations en générations, dans toutes les contrées du monde, se construit dans la charité le Corps mystique du Christ, qui est l’Eglise.

        A cet égard, le saint Curé d’Ars fut chaque jour davantage exclusivement engagé dans l’enseignement de la foi et dans la purification des consciences, et, donc, tous les actes de son ministère convergeaient vers l’autel, et une telle existence doit justement être dite éminemment sacerdotale et pastorale. Sans doute, à Ars, les pécheurs affluaient-ils d’eux-mêmes à l’église, attirés par le renom de sainteté du pasteur, alors que tant de prêtres doivent consacrer de longs et laborieux efforts à rassembler leur peuple ; sans doute d’autres, à la tâche plus missionnaire, en sont-ils encore à la première annonce de la bonne Nouvelle du Sauveur : mais ces travaux apostoliques si nécessaires et parfois si difficiles ne peuvent faire oublier aux apôtres la fin qu’ils doivent poursuivre et qu’atteignait le Curé d’Ars quand, dans son humble église de campagne, il se consacrait aux tâches essentielles de l’action pastorale.

Jean XXIII, encyclique Sacerdotii nostri primordia (31 juillet 1959)

 

 

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