Vie et actualité de la Paroisse Saint-Georges de Lyon (69005)
L'ange du Seigneur dit aux bergers: "Je vous annonce une grande joie : aujourd'hui un Sauveur vous est né!" Et soudain se joignit à l’ange une troupe nombreuse de l’armée céleste qui louait Dieu en disant: "Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté!"
Noël est la fête de la joie: Cette joie est profonde et sereine. Elle ne ressemble pas aux joies que propose le monde - et le Prince de ce monde. La joie de Noël n'exclut pas les souffrances. L'épreuve entoure le divin berceau: pauvreté, indifférence, mépris, et bientôt persécution et exil. Quel accueil pour le Roi du Ciel qui vient nous sauver! Mais Jésus va embrasser toutes ces contrariétés et les intégrer à son plan divin de Salut. D'un mal, Il tirera un bien. Il le proclamera d'ailleurs plus tard: " Bienheureux les persécutés, bienheureux ceux qui pleurent..." La joie de Noël transcende toutes ces épreuves. L'Amour incompréhensible de Dieu pour nous s'est rendu visible et palpable en ce doux Petit qui nous tend les bras, car, comme le dit saint Augustin: " Il n'y avait pas de raison que Jésus vint, sinon la charité". La souffrance est l'écrin qui authentifie et met en valeur cet Amour. La joie de Noël, c'est Dieu qui vient nous sauver, c'est Dieu qui se donne à nous. Puer natus est nobis, Fïlius datus est nobis (messe du jour de Noël).
Noël est la fête de la paix, paix dont Bethléem nous donne le secret : paix de l'âme unie à Dieu, fascinée par son Créateur qui se donne à elle, plongée dans la contemplation silencieuse et aimante de l'Amour Incréé. Dans son livre un Chemin tout simple, Mère Térésa nous indique ce chemin qui mène à la paix: " Le fruit du silence est la prière; le fruit de la prière est la foi; le fruit de la foi est l'amour; le fruit de l'amour est le service; le fruit du service est la paix"; Silence, prière , foi, amour, service, paix : les habitants de la crèche nous enseignent tout cela. D'abord le silence. Ce n'est pas dans le tumulte de la ville, ni sur la place publique que Jésus va naître. Non, c'est dans un lieu bien secret, un asile de silence que rien ne trouble. C'est dans le silence que Dieu se révèle et nous communique sa paix.
Que le spectacle simple et grandiose de la naissance de l'Homme-Dieu nous enseigne où est la vraie joie. Apprenons à la découvrir et à la goûter, au-delà des épreuves de cette vie. Rien ni personne ne saurait nous la ravir. Qu'elle nous fortifie dans l'amour du Vrai, du Bien, et du Beau. Demandons enfin à Marie et Joseph de nous apprendre ou de nous réapprendre la pratique de la méditation quotidienne, de l'oraison mentale, de la contemplation, "simple regard sur la vérité sous l'influence de l'amour" (St Thomas, IIa IIae q.180 a.3 ad1m). Le charme de la liturgie de Noël nous y aidera. Emerveillons-nous, avec le ravi de la Pastorale des santons de Provence: "Oh! Que c'est beau!" (« admiratio est maxima contemplatio » disaient déjà les Pères). Et les sujets d'admiration ne manquent pas en cette période de Noël, où Dieu s'est fait homme pour que l'homme fût fait dieu. "On ne sait qu'admirer le plus, de Dieu s'abaissant jusqu'à notre humanité, ou de Dieu nous élevant jusqu'à sa Divinité"(saint Pierre Chrysologue, Vème siècle).
abbé Hugues de MONTJOYE