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Vie et actualité de la Paroisse Saint-Georges de Lyon (69005)

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SUIVRE LE CHRIST

 

Alors que le Christ est entré le premier dans la Vie éternelle après être passé par la mort, il ne veut pas nous laisser derrière Lui. Durant ses trois années de vie publique, il avait appelé ses disciples à le suivre: «Si quelqu’un veut être mon disciple, (…) qu’il me suive» (Mt 16, 24). Il ne s’agissait pas de le suivre seulement jusqu’à la croix, mais de le suivre toujours. « Viens, suis-moi!» (Mt 19, 21) Il faut le suivre pour aller au Père «Nul ne va au Père que par moi» (Jn 14, 6). Voilà la loi à laquelle on ne peut se dérober. Mais on ne suit pas le Christ comme on suit un maître impitoyable et tyrannique. C’est pourquoi il s’est présenté lui-même sous les traits du bon Pasteur qui donne sa vie pour ses brebis. «Je suis le bon Pasteur. Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis (...). Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais le Père» (Jn 10, 11sq).

Le Christ nous connaît parfaitement, intimement. Il sait nos faiblesses, nos lâchetés, nos peurs, nos blessures, mais aussi notre bonne volonté, notre volonté d’aimer, nos désirs et nos espoirs les plus secrets. Rien ne le surprend, pas même nos chutes, puisqu’elles sont dues à une trop grande confiance en nous-mêmes, ou à un manque de confiance en Lui – ou les deux. Il sait que nous ne pouvons être fidèles que grâce à Lui, par sa grâce, ce secours divin qui nous arrache à la pesanteur de ce monde pour nous soumettre à son propre attrait. Aussi ne s’étonne-t-il pas non plus de notre fidélité et de notre sainteté quand nous consentons à cette «pesanteur» d’en-haut.

Le Christ nous connaît et il nous appelle par notre nom. Il nous appelle pour nous dire son amour et nous introduire dans sa familiarité, dans sa famille, celle du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Il nous appelle parce qu’il a un projet pour nous. Pour chacun d’entre nous, Dieu a un dessein particulier, unique, que personne ne pourra remplir à notre place, si petit et modeste soit-il. «A celui qui vaincra, je donnerai une pierre blanche, et sur cette pierre est écrit un nom nouveau que personne ne connaît, si ce n’est celui qui la reçoit» (Ap 2, 17). Dieu nous appelle donc tous, et par notre nom. Appeler, en latin, se dit «vocare», d’où le mot français de vocation. Ainsi, nous avons tous une vocation particulière. Nous devons être à l’écoute du Seigneur pour savoir ce qu’il attend de nous. «Parle, Seigneur, car ton serviteur écoute!» (1 S 3, 10). disait le petit Samuel dans sa prière. «Seigneur, que voulez-vous que je fasse?» (Ac 9, 6) doit dire tout chrétien dans sa prière. Peu nous importe, au fond, d’être ceci ou cela, pourvu que nous soyons à la place que Dieu nous a préparée. C’est d’ailleurs là que nous serons le plus heureux, puisque nous correspondrons à ce pour quoi nous sommes faits. L’épisode du jeune homme riche, dans l’évangile (Mc 10, 17-27), nous montre assez bien que dire non à Dieu ne rend pas heureux, même quand ce refus est motivé par la recherche d’un bien apparent, ici l’amour des richesses. La liberté de l’homme ne s’épanouit que dans le bien et le vrai. Autant dire que notre liberté, à laquelle nous sommes justement attachés puisqu’elle est un don de Dieu, et un don précieux, notre liberté ne s’épanouira, et nous ne nous épanouirons nous-mêmes que dans l’amour et le respect de la sainte volonté de Dieu. «Non pas ma volonté, mais la tienne!» (Lc 22, 42). Non pas comme je veux, mais comme Tu veux.

Sans cette disposition du cœur, nous sommes certains de passer à côté de l’essentiel, et nous risquons de nous rendre malheureux. Il ne s’agit donc pas de vouloir la vocation sacerdotale ou religieuse plus que le mariage, il s’agit de vouloir ce que Dieu veut. Disons-Lui: «Seigneur, si vous m’appelez à votre service et au service de votre Église dans la vie consacrée, je suis prêt. Si vous m’appellez ailleurs, je suis prêt aussi.» Le sacerdoce ou la vie religieuse ne sont pas des assurances «salut éternel», car ils ne donnent pas la sainteté d’office – hélas! –, mais en tant qu’état de vie, la vie consacrée est plus parfaite que le mariage, puisqu’elle nous fait imiter et suivre le Seigneur de plus près et nous dispose à être tout au Seigneur, sans avoir le cœur partagé (cf. 1 Co 7, 32) et jamais on ne louera assez la beauté et la gloire du sacerdoce qui nous fait renouveler chaque jour à l’autel, malgré notre indignité, le sacrifice même du Fils de Dieu en Croix. Offrir le sacrifice Rédempteur par nos mains, laver les âmes de leurs péchés, les abreuver à la fontaine de la Parole de Dieu, les nourrir du Pain de Vie, les guider vers le Père, comme le Christ, bon Pasteur, peut-il y avoir chose plus haute sur la terre? Le dimanche 15 mai, ce sera la 48ème journée mondiale de prière pour les vocations. Le Pape a publié un message que nous pouvons lire et méditer ("Proposer des vocations dans l'Eglise locale"). Ne laissons pas passer cette occasion sans prier pour que le Maître envoie de nombreux ouvriers à sa vigne (cf. Lc 10, 2), et pour nous remettre entre les mains du Seigneur s’il compte sur nous. La raréfaction des prêtres que nous connaissons en France n’est pas irréversible, surtout si nous prions et si nous faisons prier nos enfants. «Ne nous conformons pas à la mentalité de ce monde» (Rm 12, 2) si nous voulons faire de nos foyers des havres de paix où puissent naître et mûrir de belles vocations.

Abbé Hugues de MONTJOYE 

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