Vie et actualité de la Paroisse Saint-Georges de Lyon (69005)
La Paroisse Sainte Anne de Boukombé est fondée en 1948 par le Père COLLIN. L’ethnie majoritaire appelée OTAMMARI (Spécialiste en construction en terre de barre) fait les 94,8% de la population totale de la commune qui compte 70.000 habitants. La religion traditionnelle africaine taille la part du lion avec environ 91% tandis que la religion catholique avoisine les 5% suivie de la religion musulmane qui compte environ 1,9%. Les protestants sont estimés à 0,3% et les autres religions à 1,8%. Boukombé est un heureux pays à qui le Seigneur à donné la richesse de sa pauvreté, richesse qui éclate dans l’harmonie des tatas qui se découpent sur l’Azur du ciel et qui résistent, mieux que des maisons ordinaires, aux tempêtes, quand le ciel chargé de nuages devient menaçant ! Cette richesse de la pauvreté se retrouve dans les hommes de ce pays, qui habitués à la simplicité d’une vie rustique, sont prêts à endurer le pire sans baisser les bras… Même aujourd’hui encore il y a des coins de BOUKOMBE où les habitants vivent dans une pauvreté traditionnelle, où le visiteur ne trouve pour s’asseoir que les sièges que la nature peut offrir dans sa rude générosité. Etant successeur direct des missionnaires SMA (Société des missions Africaines) sur cette paroisse et après y avoir travaillé d’abord deux (2) ans comme vicaire et ensuite quatre (4) ans comme curé j’ai pu découvrir sans effort un travail gigantesque abattu par mes prédécesseurs, les missionnaires : le Dieu de Jésus-Christ est connu sur la paroisse et adoré. Il y a beaucoup de baptisés qui essayent tant bien que mal de comprendre davantage leur foi pour mieux la vivre. Seulement c’est l’intelligence de leur foi et le sens de l’engagement qu’il faudrait aider à faire grandir davantage. De fait, fort est de constater que beaucoup sont devenus chrétiens simplement pour être amis du prêtre et bénéficier de quelques prérogatives. Ces derniers du coup n’ont jamais su quels étaient leurs devoirs de chrétiens vis-à-vis de leur Eglise. Lorsque nous, prêtres africains en mission chez nous, avons insisté sur l’engagement du chrétien qui est une conséquence de sa foi, beaucoup sont partis voyant en nous des prêtres qui demandent trop aux fidèles pauvres alors que c’est du prêtre européen qu’ils avaient l’habitude de tout recevoir. Au même moment, d’autres plus nombreux, prennent conscience que c’est plutôt eux qui doivent soutenir leurs communautés et leurs prêtres en consentant certains sacrifices légitimes et en s’engageant réellement sur tous les plans. C’est vrai ils sont assez pauvres pour être à la hauteur de tous les besoins d’une Eglise en marche où tout est priorité. C’est pourquoi il faut la solidarité de la part des chrétiens qui ont déjà atteint un seuil d’évangélisation assez avancé. En fait c’est d’une ré évangélisation qu’il faudrait parler dans le cas de Boukombé.
Notre priorité pastorale c’est d’abord parvenir à l’auto-prise en charge qui passe par un changement de mentalité afin que nos chrétiens arrivent à appréhender réellement ce qu’être chrétien dans le contexte africain. Ensuite notre priorité s’axe sur l’éducation authentique des enfants à travers la création des écoles catholiques. Enfin la priorité de certaines infrastructures s’impose comme la construction d’une salle paroissiale, de quelques boutiques à louer en vue d’assurer des sources de revenus à la paroisse, d’une clôture pour assurer une protection et une sécurité à la paroisse. La priorité des priorités c’est former parmi les laïcs des leaders qui aident les autres laïcs à comprendre le sens de l’engagement pour s’engager librement et volontairement au service de leur Eglise. Cela suppose le temps et beaucoup de moyens matériels, financiers pour les diverses formations. Les choses avancent mais il faut de la patience, il faut du temps car une mentalité, cela ne se bouscule pas pour se changer du jour au lendemain. Nous sommes convaincus que si Dieu est pour nous, nous ne redouterons rien. Merci.