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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 18:32

 


L

e mois de novembre est une bonne occasion pour méditer sur ce mystère de notre foi. Un article du credo qui passe presque inaperçu et pourtant, quel beau mystère ! On est tenté de dire qu'il en est presque le couronnement. Dire : je crois à la communion des saints, c'est proclamer la victoire de l'œuvre salvifique accomplie par le Christ.  Par son sacrifice, le Christ réconcilie les hommes avec Dieu. C'est non seulement par Lui, mais en Lui que s'opère cette réconciliation. Unis à Dieu, nous sommes par là même unis les uns aux autres. Saint Paul évoque dans un passage célèbre ce mystère, qui touche aussi bien au mystère eucharistique qu'au mystère de l'Eglise. « Corpus verum » et « corpus mysticum » ne parlent toujours que du Corps du Christ. Voici ce que dit saint Paul : « La coupe de bénédiction que nous bénissons n'est-elle pas une communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n'est-il pas une communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes forme un seul corps, car tous nous participons au pain unique. » (1 Cor 10, 16-17) Les Pères de l'Eglise ont abondamment commenté ces versets à la richesse inépuisable.

C'est donc dans le Christ que s'enracine la communion de saints. Pour le dire autrement : il n'y a pas de communion réelle en dehors du Christ. L'allégorie de la vigne et des sarments (Jn 15) le dit aussi à sa manière. En contrepoint, l'œuvre du diable est de diviser (c'est la signification même de son nom), d'opposer ce qui était fait pour être uni.

L'homme, créé à l'image de Dieu est un être personnel, donc de relation, et qui s'épanouit dans la relation, ce que les Anciens exprimaient en disant que l'homme est un « animal social ». Si chacune des trois Personnes divines est parfaite, elle n'existe non plus que dans la relation qui l'unit aux deux autres. L'homme, lui, étant créature et non Créateur, est une personne imparfaite et créée de telle sorte qu'elle est en elle-même incomplète : il lui faut son complément, voulu par Dieu. « Dieu créa l'homme à son image ; homme et femme Il les créa » (Gn1,27). Là où certains voient une radicale inégalité, où d'autres voient une absolue indifférenciation, nous voyons une merveilleuse complémentarité, œuvre d'un Dieu Amour, dont toutes les œuvres reflètent cet Amour premier. Sur ce point comme sur bien d'autres, nous ne pouvons que constater que la vision chrétienne de l'homme se situe sur une crête entre deux abimes.

Ainsi la communion des saints répond au désir le plus profond de l'homme car il est ancré dans le plan de son Créateur. Nous sommes faits pour vivre ensemble et non isolés, dans l'amour qui unit et non dans la haine et toutes ses filles que sont la jalousie, l'envie, la rancune, la rivalité, etc.

Qui n'a goûté la joie d'aimer et d'être aimé ? Ceux qui en auraient été privés depuis leur jeunesse sont comme des aveugles de naissance : ils ont droit à la lumière et ils doivent croire le témoignage de ceux qui la voient, en attendant que leurs yeux ne s'ouvrent. Comment ne pas penser ici à certains témoignages bouleversant comme celui de Tim Guénard dans son livre « Plus fort que la haine » ? Ceux qui ont goûté la joie de l'amour de Dieu ou du prochain peuvent témoigner que rien n'égale sur terre en force et en beauté cette passion de l'amour, la plus noble de toute. « Qui voudrait vivre sans ami ? » disait déjà Aristote. Quelle joie de vivre au milieu de ceux qu'on aime et qui nous aiment ou au moins de se savoir aimé et d'aimer en retour ! C'est cela la communion des saints. C'est l'amour qui unit tous ceux vivent dans la charité, amour surnaturel de Dieu et du prochain. C'est l'union des cœurs et des âmes de tous les saints du ciel, du purgatoire (on parle à juste titre des « saintes âmes du purgatoire ») et de la terre (en s'adressant aux chrétiens, ressuscités avec le Christ par le baptême, saint Paul les appelait en vérité : « les saints » ; un rappel de leur être nouveau et de leur vocation). Sur la terre, nous apparaissons un jour, certains traversent la vie comme un éclair, d'autres comme une étoile filante, mais tous nous connaissons un levant et un couchant, une aurore et un crépuscule. Un peu plus tôt, un peu plus tard, quelle importance finalement ? Sur le chemin qui mène à Dieu, certains marchent un peu plus vite que d'autres. Mais l'important est de savoir où nous sommes appelés, et où nous voulons aller. L'important c'est de savoir aussi que les dons de Dieu sont sans repentance. Ceux que nous avons aimés ici bas et qui nous ont déjà quitté sont toujours vivants. Nous ne les oublions pas, en particulier dans nos prières, que ce soit pour prier pour eux ou pour réclamer leurs suffrages

Quelle chose admirable que Dieu, dans sa Sagesse et sa Magnificence, aie voulu que perdure ce doux lien de la charité entre les enfants des hommes ! L'amour que les saints se portent entre eux, et en premier lieu qu'ils portent à Notre Mère du Ciel, ne fait pas injure à Dieu. Nous savons même que celui qui dit aimer Dieu et qui n'aime pas son frère est un menteur (cf 1 Jn 4,20). L'amour de Dieu et l'amour du prochain ne sont pas en concurrence mais croissent ou dépérissent ensemble. Les bienheureux au Ciel e nous oublient pas sur notre terre d'exil, et nous ne devons pas oublier nos chers disparus, ni d'ailleurs les pauvres âmes délaissées du purgatoire. Quelle fête ce sera au ciel de découvrir le visage de tous ceux qui ont prié et offert des sacrifices pour nous, peut-être sans nous connaître ! La joie de chacun fera la joie de tous, et le Christ sera glorifié dans les élus qui chanteront d'un seul cœur -et en choeur- l'éternel Sanctus. Fra Angelico le représente joliment dans la fresque bien connue de la ronde des élus. 

Le Christ est venu sur la terre précisément pour rassembler les enfants de Dieu dispersés par le péché. Si bien que saint Thomas d'Aquin va jusqu‘à  dire que la fin de tous les dons de Dieu est l'union des hommes dans le Christ.

Aussi, si nous voulons goûter, dès ici-bas et plus tard au ciel, la joie de la communion, nous devons nous approcher de Dieu et vivre de la grâce.

Abbé Hugues de Montjoye +

Recteur


 

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