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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 16:00

 

I. HISTOIRE DE LA DEDICACE

 

Ø  Dédicace du temple de Jérusalem.

            Au IIIème livre des Rois, Salomon ayant construit le temple du Seigneur, en fit la dédicace solennelle. Il convoqua le peuple ; les prêtres transportèrent l’arche d’alliance dans le Saint des saints, Salomon prononça une longue prière et bénit l’assemblée d’Israël, d’innombrables victimes furent immolées. On sait que le temple de Salomon fut détruit et Israël emmené en exil. Au retour de Babylone, Zorobabel entreprit la reconstruction du temple, et célébra une nouvelle dédicace.

            Les usages antiques de la Grèce et de Rome comportaient, pour la fondation des cités, une prise de possession par les dieux qui a plus d’un rapport avec la dédicace. Mais si l’on peut admettre que la liturgie chrétienne ait emprunté au judaïsme ou aux usages de la Grèce et de Rome l’idée de la dédicace, il ne faut pas conclure qu’elle en a emprunté les rites. L’idée même de la dédicace est dans la nature des choses.

 

Ø  Premières dédicaces chrétiennes.

            Elles ont suivi la paix constantinienne. Eusèbe (in Histoire ecclésiastique, X,III) nous dit : «Ce furent dans les villes des fêtes de dédicaces, des consécrations d’églises nouvellement bâties, des assemblées d’évêques tenues à cette occasion, des concours de populations lointaines venues de partout... Réunis ensemble tous les âges, hommes et femmes, dans l’essor d’une même pensée, l’esprit et l’âme réjouis par les prières et l’eucharistie, glorifiaient Dieu l’auteur des biens.» Il semblerait que dans la dédicace de l’église de Tyr, le rituel consiste à célébrer pour la première fois les mystères dans la nouvelle église, l’eucharistie consacre l’autel et l’édifice.

Dans d’autres cas le rite principal de la dédicace est une translation de reliques ; mais pour Sainte Sophie, l’église du Verbe, les reliques ont été remplacées par l’évangile.

 

Ø  Dédicace selon le rite romain.

            On peut distinguer à Rome du IVe au VIIe siècle les églises à reliques et les églises sans reliques. Les églises intra muros, ne possèdent pas de corps de saints car la loi défendait la sépulture à l’intérieur des villes. Au contraire les basiliques suburbaines se sont édifiées sur les tombeaux des martyrs. L’église sans relique n’est pas moins dédiée à un saint qui est censé en faire sa demeure. Même si c’est un archange comme en témoigne la préface du sacramentaire léonien au jour natal de la basilique Saint-Michel (29 septembre)

            Dans les églises à reliques, tant qu’on n’a pas touché aux corps des saints, quand bien même la basilique serait rebâtie jusqu’en ses fondements, la dédicace consistera encore simplement dans la célébration de la messe. Mais si les reliques ont été enlevées il faudra avant la messe, une nouvelle depositio. Cette seconde sépulture des saints exigera une préparation du tombeau, le transport des reliques, la clôture du tombeau. Le transfert des reliques sera une cérémonie tellement populaire qu’un temps viendra bientôt où toutes les églises voudront en avoir et on ne concevra plus d’églises ne possédant le tombeau d’un saint. A défaut de reliques réelles, on introduira dans le tombeau des reliques représentatives.

 

Ø  Dédicace selon le rite gallican.

            Elle consiste aussi en une translation de reliques, mais accompagnée d’une série de rites où l’église était traitée comme le catéchumène dans la préparation au baptême. Elle fait précéder l’introduction des saints d’une véritable consécration de l’église. A partir du VIIIe siècle, les deux rites romain et gallican fusionneront donnant le pontifical actuel, très complexe, de la dédicace.

 

II PONTIFICAL DE LA DEDICACE

 

Voici quelques grandes lignes des rites.

 

Ø  Rites de purification

            La veillée des reliques s’est passée hors de l’église à consacrer. On y chante les matines des martyrs.  Le jour de la dédicace, la fonction commence à ce reposoir où l’évêque récite avec ses clercs les sept psaumes de la pénitence, en manière de préparation. Il se rend alors devant la porte de l’église à consacrer et ayant béni l’eau il fait trois fois le tour extérieur de l’édifice en l’aspergeant. C’est la première purification.

            Ensuite, l’évêque frappe à la porte, et un dialogue s’échange entre les clercs groupés à l’extérieur et un diacre à l’intérieur. Puis après la troisième aspersion de l’église, le dialogue se répète et l’évêque entre dans l’église, seulement avec le clergé.

            La purification continue et prend un caractère plus solennel. L’évêque prépare et bénit une eau, appelée « eau grégorienne », mêlée de sel, de cendres et de vin et prononce une belle prière. Avec cette eau, il trace cinq croix sur l’autel, au milieu et aux quatre angles puis sept fois il fait le tour de l’autel en l’aspergeant. Il fait ensuite trois fois le tour de l’église à l’intérieur, aspergeant les murailles. Puis il asperge le pavé. L’autel et l’église doivent être purifiés pour devenir dignes que le Christ en prenne possession.

 

Ø  Préface consécratoire.

 

Ø  Prise de possession de l’église par le Christ,

qui s’accomplit par le signe de la croix. Avant d’entrer l’évêque, avec l’extrémité de son bâton pastoral, trace une croix sur la porte. A peine entré le chœur chante les litanies et trois fois, aux invocations finales, l’évêque trace le signe de la croix sur l’édifice disant : « Cette église et cet autel consacrés à ton honneur et au nom de saint N..., daigne la bénir ; daigne la bénir et la sanctifier ; daigne la bénir, la sanctifier, la consacrer». Tout l’édifice est signé du nom même du Christ par le rite mystérieux de l’alphabet. D’un angle à l’autre de l’église sur un lit de cendres préparé à l’avance, l’évêque avec le bâton pastoral trace l’alphabet grec, puis suivant une ligne qui coupe la précédente pour former un X, trace l’alphabet latin. Le nom grec du Christ commence par un X ; le Christ est l’Alpha et l’Oméga. Le rite de l’alphabet tracé en forme de X appose visiblement le cachet du Christ sur l’église.

           

Ø  Introduction des saints dans l’église :

 l’évêque sort de l’église, se rend au reposoir des reliques, et dit avant d’y entrer l’oraison Aufer a nobis. Alors l’évêque et le clergé procèdent à la translation des reliques, et la procession se déploie en grande pompe. Le chœur chante des antiennes, et la foule jusque-là restée dehors entre dans l’église à la suite des saints. Les reliques sont alors déposées à l’intérieur de l’autel, dans la confession ou sépulcre préparé : c’est la depositio. Tandis que le chœur chante l’antienne « les corps des saints ont été ensevelis dans la paix, et leurs noms vivront pour l’éternité» l’évêque ferme le sépulcre d’une pierre qu’il cimente et qu’il encense plusieurs fois. A partir de ce moment-là et jusqu’à la fin de la cérémonie un prêtre ne cesse d’encenser l’autel tournant autour, tandis que sur l’autel même ne cesse de brûler de l’encens : on parfume le tombeau comme les rites funéraires.

 

Ø  Rites de consécration : les onctions.

L’évêque a fait au début de la cérémonie des onctions avec le chrême,  l’huile aromatisée. Aux quatre angles et au milieu de l’autel, l’évêque fait des onctions en forme de croix, deux fois avec l’huile des catéchumènes puis avec le chrême. Puis versant à la fois l’huile et le chrême il oint toute la table de l’autel. Puis il fait le tour de l’édifice et oint du chrême douze croix peintes sur les murs ou des colonnes. Ces onctions symbolisent et opèrent la consécration de l’autel et l’église, qui comme le chrétien, le prêtre et l’évêque sont désormais dédiés à Dieu. Le chœur entonne les psaumes d’allégresse.

 

III ANNIVERSAIRE DE LA DEDICACE

 

            L’évêque célèbre en un jour solennel l’anniversaire de sa consécration, le chrétien celui de son baptême et l’église celui de sa dédicace, qui se transmet de siècle en siècle. Le sacramentaire léonien et le martyrologe indiquent des fêtes de dédicace célébrées encore aujourd’hui.

Pour ces anniversaires la liturgie reprend l’office et la messe célébrés au jour même de la dédicace.

            Les antiennes et répons de l’office sont ceux du Liber responsalis dit de saint Grégoire, des hymnes comme Urbs beata Jerusalem, qui salue par-delà les églises de la terre, la Jérusalem céleste épouse du Christ (Ap., XXI, 9), bâtie de pierres précieuses, (Ap., XXI, 19) aux portes toujours ouvertes (Ap., XXI, 25).

            La messe de la dédicace semble avoir été d’abord une messe des saints auxquels l’église était dédiée. Les chants qui composent la messe Terribilis, apparaissent sous ce titre Dedicatio basilicae sanctae Mariae, anniversaire de la dédicace du Panthéon consacré par Boniface IV, le 13 mai 610. Ces chants sont devenus communs à la plupart des fêtes de dédicace.

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